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 Walter x I am the danger

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Date de naissance : 28/04/1981
Arrivée sur HC : 27/06/2018
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MessageSujet: Walter x I am the danger   Jeu 5 Juil - 17:59



Walter E. Brown

Fiche d'identité
Nom, Prénom : Brown, Walter Elias
Date de naissance : 1981-04-28
Taille : 1m79
Lieu de naissance : Lexington en Virginie, Etats-Unis.
Lieu de résidence : Il a un appartement à Harrisonburg en Virginie mais loge depuis peu dans un hôtel à Little Rock. Il songe à y emménager.
Groupe sanguin : B-
Scolarité / Emploi : Anciennement commercial dans une entreprise d’appareils électroménagers, il est aujourd’hui chargé de la distribution de flyers dans la rue pour cette même entreprise.
Porté disparu ? : Il n’a jamais été enlevé dans le Crescent Hotel.

Caractère
Essayer de comprendre ce qu’il se passe dans la tête de Walter n’est pas tout-à-fait un jeu d’enfants. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il peut facilement se faire passer pour un individu quelconque, poli et courtois, souriant, toujours prêt à rendre service. Walter parle généralement avec une voix calme, posée, confiant sans être arrogant et parfois même capable d’y ajouter subtilement une touche d’humour.

Il commence à se distinguer lorsqu’on le connait un peu mieux. D’abord, personne ne mettra longtemps à remarquer que Walter est une personne maniaque. Pas un seul cheveu de travers, pas un pli sur ses vêtements, tout est toujours bien rangé, propre et symétrique. Chaque chose est à sa place chez Walter, au bureau comme à la maison, et il se frustre lorsque ce n’est pas le cas. Ensuite, il est possessif, que ce soit en amour ou en amitié, il ne supporte pas qu’on s’éloigne de lui, qu’on l’abandonne pour quelqu’un d’autre. Le moindre doute le rend furieux, le moindre regard le met hors de lui. Personne n’a le droit de le quitter, personne ne peut partir. Il estime que faire partie de ses proches est un engagement et qu’aller voir ailleurs pour une raison ou pour une autre, même temporairement et même si ça ne signifie rien, est un manque de respect et une trahison.

La vérité, c’est que Walter est une personne en proie à de nombreuses angoisses. Il a très mal vécu la séparation de ses parents étant jeune, et voir son père sombrer peu à peu dans le désespoir et l’alcool l’a rendu très anxieux. Il a aussi été très influencé par les discours misogynes et pessimistes de son père, même s’il n’est pas d’accord avec tout. Walter a eu très vite besoin d’ordre, de stabilité, d’organisation, sans quoi il est persuadé que tout pourrait s’écrouler et devenir chaos. Il est très vite déboussolé quand tout ne se passe pas comme prévu, et pourrait très bien prendre des mesures extrêmement radicales pour rattraper le coup et éviter de perdre le contrôle.

Son séjour à l’hôpital psychiatrique a calmé un peu ses tensions et ses angoisses. Il a accepté d’admettre que ses décisions n’étaient pas forcément les meilleures, ou en tout cas qu’elles étaient sans doute un peu démesurées. Il a aussi appris à comprendre son entourage, à se mettre à leur place pour accepter ce qu’il considérait avant comme des trahisons de leur part. Il leur pardonne de l’avoir abandonné à un moment ou un autre. Surtout, il veut revoir Eileen. Cette femme l’obsède, il veut la retrouver et reprendre sa vie là où il l’avait laissée. Il pense que s’il revient vers elle, elle saura le comprendre et l’aimer à nouveau en retour. Il pense que son acte n’est qu’une simple erreur, juste un nuage noir dans leur vie de couple si parfaite, qu’il avait simplement peur qu’elle le quitte et que c’est pardonnable.
Antécédants
Walter est atteint de troubles psychologiques sévères en plus de ses troubles obsessionnels compulsifs. Après avoir séquestré six jours sa petite amie dans leur chambre, il a été arrêté et envoyé en prison. On lui a assez vite diagnostiqué une maladie mentale et transféré en hôpital psychiatrique pendant dix ans. Aujourd’hui il est libre, à condition d’être suivi régulièrement par un psychiatre.

Histoire
Avertissement : cette histoire n’est pas forcément des plus jolies. Elle contient du langage cru (un peu), de la misogynie (beaucoup) et de la violence physique (peu détaillée mais voilà c’est là).

Juin 1988
Les cris ne s’arrêtent pas. De la vaisselle se casse tandis que les insultes continuent. Recroquevillé sous la table de la salle à manger, Walter attend la fin de la dispute. Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Mais ça n’a jamais été aussi violent. Il n’a jamais vu son père aussi hors de lui.

« Sale chienne ! Vous êtes toutes pareilles, toutes à baisser votre culotte au premier venu ! »

Walter se bouche les oreilles. Il en a déjà trop entendu, il ne veut pas connaitre la suite. Il veut juste que ça s’arrête. Il ne sait pas ce qu’il se passe, mais il a cru comprendre que son père est furieux contre sa mère parce qu’elle a été voir ailleurs. De ce qu’il a compris, sa mère a un autre amoureux et ce n’est pas bien ; ça s’appelle tromper son mari, et le mari est en colère après. Alors il y a des cris dans toute la maison et tout le monde pleure. Walter pleure, des larmes commencent à rouler sur ses joues. Soudain une main attrape son bras et le sort de sous la table. Il reconnait les doigts bagués de sa mère. Elle l’aide à se relever, puis se dirige vers la porte d’entrée en le tirant pour qu’il la suive.

« Ça suffit, je m’en vais. Je prends Walt avec moi, je ne veux plus que tu t’approches de mon fils.
- Ton fils ? Aux dernières nouvelles il est de moi, aussi. Ne pense même pas que je vais te laisser te tirer d’affaires. »


Sa mère n’attend pas un mot de plus et claque la porte derrière elle. Walter entend encore les cris de son père à l’intérieur. Il regarde celle qui le tient toujours par le bras et qui commence à trembler. Elle a une joue rouge, mais pas l’autre. En revanche les deux sont déjà trempées de larmes. Elle ne perd pas de temps et l’emmène jusqu’à la voiture, l’attache sur son siège et démarre.

Septembre 1988
Ça fait trois mois que Walt et sa mère dorment chez Ryan, le nouveau petit copain de sa mère, celui qui a causé tout ce bordel. Trois mois qu’il n’a aucune nouvelle de son père. Bientôt, ils devront paraitre devant le tribunal pour décider de qui aura la garde de Walter après le divorce. Le garçon ne comprend pas tout, mais sa mère lui a dit que tout ira bien. Walter veut bien y croire, mais il sait qu’elle ment. Il a écouté aux portes, il a entendu qu’elle pleurait dans les bras de Ryan dès qu’elle parlait du tribunal. Elle disait que le père avait beaucoup d’argent parce qu’il avait des parents friqués, qu’il était assez riche pour avoir un bon avocat, contrairement à elle. Ryan répondait alors que lui aussi avait un peu d’argent, qu’il pourrait l’aider. Mais les pleurs de la mère continuaient et Walter sentait qu’elle était désespérée.

Octobre 1988
Walter retourne habiter chez son père. Sa mère a eu raison de désespérer, c’est lui qui a obtenu la garde. Même s’il aime son père, Walter est triste, il a compris que rien ne serait jamais plus comme avant. Mais son père ne veut pas qu’il pleure. Il lui dit d’être fort, d’être un homme. Il lui dit que pleurer pour des femmes, c’est l’humiliation ultime, et qu’il ne doit jamais s’abaisser à ça. Ce sont les femmes qui pleurent, pas l’inverse. Alors Walter sèche ses larmes et relève la tête. Lui aussi veut être un homme.

Avril 1999
Walter est grand maintenant, il a eu dix-huit ans. Il n’a pas revu sa mère depuis qu’il est parti vivre chez son père, ni Ryan. Tant mieux, il ne veut pas les voir. Tout est de leur faute, surtout à elle. Il lui en veut d’avoir trahi son père, d’être partie pour un autre. Son père dit qu’il ne faut jamais faire confiance aux femmes, qu’elles sont capables de tout. Elles aguichent, elles manipulent, elles font tout pour que les hommes baissent leur garde, pour mieux planter leur couteau. Son père lui dit que s’il veut être un homme, un vrai, il doit savoir prendre le contrôle, leur montrer qu’il est le patron. Puis il se ressert un verre de rhum.

Il y a des choses avec lesquelles Walter est en désaccord avec son père, mais il y en a d’autres qu’il veut bien croire. Il se méfie des femmes qu’il croit manipulatrices, mais il ne croit pas à la violence et pense que tout peut se régler autrement. Il a vu les bleus sur les bras de sa mère quand il était encore petit et qu’il partait habiter chez Ryan avec elle. Il ne veut pas avoir à faire ça, quoi qu’en dise son père. Le mieux est de se tenir à l’écart. À l’école, Walter n’a que des amis garçons et se méfie lorsqu’une fille essaie de s’approcher de lui ou de sa bande. Parfois, elles arrivent à en avoir un ou deux, les tirent vers elles et les éloignent de leurs amis. Et Walter a horreur de ça. Il n’aime pas qu’on s’éloigne de lui, il a peur d’être seul et s’énerve quand on préfère passer du temps avec quelqu’un d’autre que lui. Ses amis essaient de le calmer, lui disent qu’ils peuvent très bien jongler entre la bande et les petites copines, mais Walter ne veut pas partager. Le partage, c’est une trahison. Il veut toute l’attention pour lui, et surtout il accepte mal le changement.

Walter a besoin de stabilité, de continuité. Tout doit se passer dans l’ordre des choses, sans quoi tout pourrait s’écrouler. Depuis quelques années, il a développé des troubles obsessionnels compulsifs. L’ordre est sa priorité. Tout doit être rangé, propre, à sa place. Sa chambre est toujours nickel et il évite le plus possible d’y inviter du monde de peur qu’ils dérangent tout. Son casier à l’école est parfaitement ordonné aussi. Ses livres et cahiers sont classés par taille et les feuilles volantes partent généralement à la poubelle. Il garde toujours sur lui du désinfectant au cas où. Son père le dispute souvent pour ça, parce qu’il pense que c’est une attitude de femmelette et que ça pourrait remettre en cause sa virilité, mais Walt ne veut pas l’écouter et surtout il n’y peut rien. Le désordre lui fait peur, le frustre, il ne comprend pas qu’on puisse vivre dedans.

Novembre 2000
Il est arrivé ce que Walter n’aurait jamais cru pouvoir arriver. L’amour. Depuis qu’il a rencontré cette fille, toutes ses idées sont renversées, et le plus incroyable c’est que ça ne l’effraie même pas. Elle fait taire toutes ses peurs, apaise ses craintes. Avec elle, tout est différent. Il accepte qu’elle s’approche, il désire même qu’elle le fasse. Il a l’impression qu’avec elle, tout ira bien. Elle n’est pas comme les autres. Elle ne l’abandonnera pas, elle veut de lui elle aussi, il le sait, il le sent. Ils sont faits l’un pour l’autre, sans aucune autre explication. Il veut faire de son mieux pour lui plaire, pour la satisfaire, il a même renoncé à certains de ses TOC pour elle. Il passe toujours derrière elle pour ranger ce qu’elle a dérangé, mais il ne crise plus devant le désordre et ne court pas se laver les mains ou le visage chaque fois qu’elle le touche. Il est capable d’attendre au moins une heure avant de le faire. Elle le détend, ses colères, ses frustrations, son anxiété n’ont plus lieu d’être quand elle est là.

Il n’en a pas encore parlé à son père. Il sait comment il réagirait, il tenterait de le dissuader de continuer cette relation, de lui dire qu’il tombait directement en plein dans le panneau, que l’amour était une illusion qui ne dure qu’un temps, que ce n’était que des conneries et qu’elle allait le laisser tomber un moment ou un autre de toute manière, parce qu’elles étaient toutes les mêmes. Il le sait, parce que c’est ce genre de discours qu’il tient régulièrement entre deux verres de rhum. Walter se sent tellement bien avec Eileen. Il ne veut surtout pas que son père détruise sa relation en lui mettant des idées dans la tête. Il sait qu’elle est parfaite. Son père ne comprendrait pas. Mieux valait garder le silence.

Novembre 2001
« J’ai rencontré une fille. »

Son père relève la tête et repose la bouteille qu’il était en train de se servir. Il lui demande de répéter et Walter répète.

« Elle s’appelle Eileen. Ça fait un an qu’on se fréquente. Et maintenant je veux emménager avec elle. »

Pendant un moment, Walter croit que son père ne va rien dire. Il se contente de le fixer sans un mot. Finalement, il répond.

« Pauvre con. »

Walter ne sait pas quoi dire. Il sait ce qu’en penses son père, de toute manière. Quoiqu’il dise, ça ne changera rien. Le père continue son discours.

« Tu penses que tu es heureux ? Que tu file le parfait amour comme dans ces conneries romantiques à l’eau de rose ? Que vous êtes faits l’un pour l’autre et gnagnagna ?
- Oui. Je pense qu’elle est la femme de ma vie. »


Son père s’esclaffe, manque de renverser son verre. Il rit bruyamment, un rire qui effraie presque Walt.

« La femme de ta vie. Bien sûr. Tu veux que je te dise, gamin. Je pensais la même chose de ta mère à l’époque. J’étais jeune, amoureux et con, et je pensais que je le resterais. Mais ta mère, finalement, elle était pas différente des autres. C’est pas de l’amour, fiston, c’est de la manipulation. Ta mère était une connasse, une salope, et elles le sont toutes, parce que c’est dans leurs gènes. Et quand tu réaliseras que la tienne l’est aussi, il sera trop tard, tu seras déjà vaincu. Alors pars, vas-y. Laisse-la te torturer et te briser comme elle l’entend, mais quand tu seras foutu à terre, seul et piétiné, faudra pas venir me chercher. Je serais même pas là pour te dire que je t’aurais prévenu. »

Il finit son verre avant de rentrer dans sa chambre en titubant, laissant Walter seul, planté dans le salon, à tourner et retourner ses paroles dans sa tête jusqu’à l’aube.

Décembre 2001
Walter pose les derniers cartons de déménagement dans ce qui va devenir leur nouvelle maison. Un appartement à Harrisonburg, à une centaine de kilomètres de leur ancienne vie. Il a décidé de ne pas écouter son père. Il ne veut pas être paranoïaque comme lui. Eileen n’a rien à voir avec sa mère. Elle ne le trahira pas, il a confiance en elle. Il est déterminé à faire en sorte que leur couple dure vraiment. Il s’est même décidé à prendre des séances de psy une fois par semaine pour calmer ses TOC. Ils ne disparaitront sans doute jamais totalement, mais il fait des progrès, il le voit déjà.

Décembre 2004
Ça fait plusieurs semaines déjà qu’il passe devant elle avec envie. Aujourd’hui il a craqué. Elle est belle, magnifique, parfaite. C’est une bague de fiançailles en argent ornée d’une perle bleue marine. Il a pu l’acheter grâce à son salaire de commercial qu’il gagnait depuis quelques mois déjà. Elle plaira à sa copine, il en est sûr. Quand il sera prêt, il lui demandera. Elle est son avenir, il en est certain.

Mai 2005
Chaque fois, ce n’est jamais le bon moment. Il garde la bague bien cachée dans son armoire. Eileen ne fouille jamais dedans, elle sait qu’il n’aime pas ça. Même s’il est de moins en moins maniaque grâce à son psychologue, il préfère qu’elle n’aille pas tenter le diable. Un jour, il sortira la bague et la demandera en mariage. Mais chaque fois qu’il y pense, et même alors qu’il le désire vraiment, il commence à paniquer. Il aime Eileen, mais il n’ose pas passer le pas. Il a peur de la suite, peur de devenir comme ses parents. Leur vie est trop belle, il refuse que ça s’arrête. Il ne veut pas prendre le risque de briser leur rêve et les faire tomber du nuage sur lequel ils vivaient.

Octobre 2005
Ils n’auraient jamais dû aller à ce dîner, jamais. Jamais dû croiser la route de cet enfoiré. C’était censé être anodin, un simple repas entre amis, et tout aurait pu très bien se passer s’il n’y avait pas eu ce fils de catin. Un certain Brian, un crétin ça va sans dire, qui s’était livré à une espèce de jeu de regards avec Eileen. Et elle l’avait regardé en retour, Walter en était sûr. Plus il y pense et plus il y croit. Il a peur, il devient fou. Et si elle le trompait, finalement ? Et si son père avait raison, si elle partait pour un autre ? Il ne le supporterait pas, il ne veut pas le risquer. Ce n’est même pas la première fois que ça arrive. Depuis un moment, il surprend ses regards penseurs. Souvent, c’est d’autres hommes qu’elle regarde, il en est sûr. D’autres hommes bien plus beaux, bien plus sympathiques que lui. Sans compter que ses TOC étaient revenus malgré lui, malgré ses séances chez son psychologue. Il panique à l’idée que ça dérange Eileen et qu’elle s’enfuit. Or plus il panique, plus il stresse, et plus il reprend ses mauvaises habitudes. C’est un cercle vicieux.

Elle va le quitter, c’est sûr. Elle va le quitter comme sa mère a quitté son père. Et il n’aura même pas eu le temps de lui demander sa main, la bague est restée cachée dans son armoire depuis plus d’un an. S’il est incapable de vaincre ses propres frayeurs, comment peut-il espérer garder sa copine ? Mais il ne veut pas qu’elle le quitte, il a besoin d’elle. Il la veut pour femme. Il veut qu’elle reste avec lui, pour toujours. Ses angoisses sont de pire en pire, elles l’étouffent, l’empêchent de dormir la nuit. Il ne sait pas comment s’en sortir. Il doit la garder. Près. De. Lui.

29 octobre. Elle vient d’avoir 22 ans. Elle sourit, heureuse, ça lui fait perdre ses moyens. Il veut son sourire rien que pour lui. Personne d’autre. Elle ne peut pas partir, s’il la laisse s’en aller il le regrettera toute sa vie. Quelques minutes suffisent à le décider. Elle ne sortira pas de cette maison. Elle restera dans la chambre, pour lui, rien que pour lui, ne regardera personne d’autre que lui. Pour le bien de leur couple, elle comprendra. C’est le seul moyen d’éviter que l’histoire de ses parents se répète. Au moment où elle s’apprête à partir, il l’attrape fermement par le poignet en veillant à ne pas lui faire de mal et la guide jusqu’à la chambre. Elle essaie de partir mais il ne lui laisse pas le choix, elle est moins forte que lui et rien ne la prépare à ce qui l’attend. Elle se débat quand il l’attache à la tête de lit avec une corde de fortune, un simple drap noué très solidement autour de ses poignets.

« Désolé, c’est le seul moyen. Tu finiras par comprendre. »

Il s’en va en ignorant ses cris, ferme la porte de la chambre derrière lui. Il n’est pas fier de lui, mais il pense que c’était nécessaire. Il ne sait pas non plus combien de temps ça durera. Au moins pour le moment, elle ne risque pas de partir. Le soir même, devant le miroir de la salle de bain, il sourit en se regardant. Il a réussi à garder l’amour de sa vie, il a réussi là où son père avait échoué. Désormais elle lui appartient, à lui et à personne d’autre. Et pour marquer sa victoire, il prend une lame de rasoir et inscrit lui-même la date du jour sur son épaule. Il grince des dents, laisse partir des larmes et gémissements de douleur, mais le résultat le satisfait. Maintenant et à jamais, la date de ce nouveau départ est écrite sur sa peau. Aujourd’hui, il n’a plus peur. Aujourd’hui, il est serein. Aujourd’hui, elle est à lui, pour de bon.

Il retourne dans la chambre, armé de la lame et d’une paire de ciseaux. Sa scarification ne signifie rien s’il ne la partage pas. Cette date n’est pas seulement importante pour lui, elle est importante pour leur couple. Il est triste de voir qu’Eileen est effrayée en le voyant, il voudrait qu’elle comprenne, qu’elle accepte, pour leur bien, leur vie, leur avenir.

« Fais-moi confiance Eileen, je t’en prie. Je fais ça pour nous. On sera unis à jamais, rien ne pourra plus nous séparer. »

Alors il lui plaque le ventre contre la tête de lit de façon à ce qu’elle lui tourne le dos, la stabilise de force, découpe son t-shirt avec les ciseaux et fait glisser la lame du rasoir sur sa peau. Il ne fait pas attention à ses hurlements, il doit se concentrer pour ne pas dépasser, le faire proprement. Il termine finalement et essuie le sang qui coule, satisfait de son travail. Il reprend la lame de rasoir et la paire de ciseaux, se relève et quitte la chambre. Avant de refermer la porte, il la regarde tristement et ajoute :

« Je suis désolé d’en arriver là, Eileen, vraiment. Mais c’est nécessaire. Tu le comprendras un jour. »

Novembre 2005
Ça fait maintenant une semaine qu’il a enfermé sa copine dans la chambre. Il la garde, prisonnière, comme un insecte coincé dans une toile d’araignée. Sa toile. Il dort dans le salon en attendant de savoir quoi faire. Il ne sait pas combien de temps il va la laisser là. Il sait simplement qu’il la libèrera quand il la jugera prête. Quand elle aura compris qu’il faisait ça pour eux, quand elle aura accepté de n’appartenir qu’à lui et quand il sera sûr qu’elle ne le fuira jamais. Walter est certain que ce jour finira par arriver, il espère que ce sera rapide. Et alors uniquement ce jour-là, il poserait un genou à terre et lui présenterait sa bague de fiançailles. En attendant, les seules fois où il lui rend visite, c’est pour lui donner à boire. Il en profite pour attester de son état et de sa progression. Il ne lui donne pas à manger, il considère qu’ainsi il la purifie. Il pense qu’ainsi elle sera plus apte à se soumettre et qu’il pourra la libérer le plus tôt possible. Il n’est pas heureux de la situation actuelle, mais c’est pour lui un passage obligatoire.

Ce soir, comme tous les soirs depuis six jours, Walter s’apprête à lui amener son verre d’eau quand il entend du bruit derrière la porte d’entrée. Puis des coups fermes. Il fronce les sourcils, repose le verre délicatement et à sa place et se dirige vers la porte. À peine arrivé à quelques pas d’elle, celle-ci s’ouvre à la volée et quatre flics costauds et déterminés déboulent dans son vestibule. Deux d’entre eux se jettent sur Walter pour l’immobiliser tandis que les deux autres fouillent l’appartement, une arme à la main. Walter tente de leur crier qu’ils n’ont pas l’autorisation pour ça, mais les deux flics qui lui passent déjà les menottes le devancent et affirment qu’ils l’ont. L’un des policiers ouvre la chambre, découvre le corps affaibli mais vivant d’Eileen et la libère devant les yeux effarés de Walter. Ces quatre ordures sont en train de foutre son plan à l’eau. Ils n’imaginent même pas l’erreur qu’ils ont commise. Ils veulent la séparer d’Eileen, sa bien-aimée, la femme de sa vie. Du regard, il la supplie de le défendre, de dire aux policiers que tout va bien, que tout a été fait pour le bien de leur couple. Mais elle ne semble même pas vouloir le regarder. Elle fuit, et à cet instant Walter comprend que ses efforts pour sauver leur vie commune étaient vain, qu’ils n’avaient fait que retarder l’inévitable. Il se souvent des avertissements de son père, il aurait dû l’écouter, il aurait dû savoir qu’elle finirait par partir, il était stupide d’avoir pensé qu’elle était différente et que leur couple pouvait surmonter ce genre d’obstacle.

Août 2016
Il est libre. Seul, pauvre, malheureux, trahi, abandonné, mais libre. Après un court séjour en prison, on lui a diagnostiqué des troubles mentaux sérieux et envoyé en hôpital psychiatrique. Là-bas, on l’a bourré de médicaments et de séances médicales en tout genre avant de lui faire passer un dernier examen qui l’a jugé apte à sortir, à condition d’être suivi régulièrement par un psychiatre. Il a mis longtemps à accepter d’être traité, convaincu qu’il n’avait rien fait de mal, ou du moins que c’était un mal pour un bien et que c’était une solution nécessaire à leur couple. Il disait d’appeler son père, que lui au moins saurait lui donner raison ; mais c’était chose impossible puisque celui-ci était mort à peine quelques mois avant la séquestration d’Eileen, des suites d’une très mauvaise chute sous l’effet de l’alcool. Bref, Walter ne comprenait pas ce qu’il foutait là-bas au milieu des fous et se tuait à répéter qu’il n’avait rien à voir avec eux puisque lui était sain d’esprit. Il savait que ce qu’il avait fait était illégal, que selon la loi il méritait une condamnation d’un certain nombre d’années derrière les barreaux ; mais en prison, pas dans un asile.

Finalement, les années et les nombreuses discussions avec les médecins de l’hôpital lui ont plus ou moins permis d’admettre son état. D’accord, il avait sans doute dépassé les bornes. D’accord, c’était peut-être une réaction un peu démesurée par rapport à la justification qu’il donnait. Et d’accord, sa peur d’être abandonné était probablement la cause d’une certaine paranoïa. Il avait fini par accepter son traitement, même si c’était parfois encore à contre-cœur. Et à son grand étonnement, c’était presque efficace. Il se sentait un peu mieux, apaisé, libéré de ses colères et de ses angoisses. Bien sûr, jamais totalement, mais c’était déjà un bon début.

Aujourd’hui, il sent qu’il va mieux. Il n’est plus en colère, ni contre Eileen, ni contre ses anciens amis, ni contre son père, ni contre sa mère. Il ne leur en veut plus, il a réussi à se mettre à leur place et à comprendre pourquoi ils ont fait ce qu’ils ont fait, pourquoi ils ont été si lâches et/ou négligents envers lui. Il leur pardonne, tous, et voudrait leur redonner une chance, au moins à ceux pour qui c’est encore possible. Il voudrait pouvoir recommencer du début et ne rien foirer cette fois-ci. Surtout, il veut retrouver Eileen.

Eileen, c’est certainement pour elle que les sentiments de Walter ont été le plus secoués. C’est à elle qu’il en voulait le plus, et paradoxalement c’est elle qu’il avait le plus envie de revoir. Il a eu du mal à comprendre pourquoi elle l’avait trahi, alors que tout ce qu’il avait fait, c’était pour elle. Maintenant, il se fiche bien de tout ce qu’il s’est passé. La séquestration était une erreur, aujourd’hui il peut la réparer. Il veut la reconquérir, lui prouver qu’il est fait pour elle, qu’il l’aime, qu’elle l’obsède, jour, nuit, où qu’il soit, il ne pense qu’à elle. Surtout, il a toujours la bague de fiançailles qu’il a récupérée avec le reste de ses affaires à sa sortie. Quand il la retrouvera, il la demandera en mariage, il n’aura plus peur cette fois. Il lui dira d’oublier tout, de recommencer à zéro, il lui avouera qu’il sait qu’il a merdé, qu’il avait simplement peur qu’elle le quitte et qu’ils soient brisés comme ses parents l’ont été, peur de devenir comme son père et de passer le restant de ses jours à noyer sa solitude dans l’alcool. Il lui dira qu’elle ne devait pas avoir peur de lui et que s’il était fou, c’était d’amour pour elle. Elle comprendra, puisqu’il l’aime. Pourquoi devrait-elle refuser ?

Il est revenu s’installer à Harrisonburg. L’appartement qu’il louait avec Eileen est occupé par d’autres, maintenant, mais il s’est trouvé un autre logement pas très loin. Il a aussi tenté de revenir travailler dans son ancienne entreprise, mais disons que ses antécédents judiciaires ne l’ont pas beaucoup aidé. À force d’insister, la direction a finalement décidé d’accepter de l’embaucher pour distribuer des tracts publicitaires dans les rues de la ville, en lui disant bien qu’il pouvait toujours courir pour reprendre son ancien poste de commercial et qu’il y avait peu de chances qu’il évolue. Walter n’aime pas trop cette situation, mais il a besoin d’argent et il se dit qu’avec ses onze années d’enfermement dans son casier, c’est peut-être bien ce qu’il peut trouver de mieux.

Décembre 2017
Little Rock, Arkansas. C’est ici qu’elle vit maintenant. C’est ici que Walter vient de poser ses bagages, dans un des hôtels de la ville. Il avait déjà repéré l’endroit quelques mois plus tôt, mais ce genre de déménagement quand on a peu d’économies et plein de personnes qui vous surveillent, ça prend toujours un peu de temps. D’autant plus que même si ses TOC avaient été plus ou moins guéris pendant son séjour à l’hôpital psychiatrique, Walter restait un grand maniaque et ne pouvait pas se résoudre à changer de ville dans la hâte, sans rien préparer.

Il va la retrouver. Il ne sait pas quand ni comment, mais il va la retrouver et elle sera de nouveau sienne. Pour toujours, et à jamais. Dans sa toile.


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MessageSujet: Re: Walter x I am the danger   Jeu 5 Juil - 20:56

Officiellement, je te souhaite la bienvenue Walter !
Tu peux retirer l'image de ta signature. Je te valide !

Bonne chance pour reconquérir Eileen en tout cas !
Et bon jeu parmis nous Smile







Make sure it's all perfect

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MessageSujet: Re: Walter x I am the danger   Ven 6 Juil - 1:13

Bienvenue Walter! Au plaisir de se recroiser par Rp! Very Happy







   
Peu m'importe
Je me fiche de votre avis, j'y arriverai.
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MessageSujet: Re: Walter x I am the danger   Ven 6 Juil - 6:19

Bienvenue Saluut !
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MessageSujet: Re: Walter x I am the danger   Sam 7 Juil - 10:06

Pauvre Eileen ! Paniqué
Le joueur que je suis te souhaite la bienvenue, mais le personnage d'Eileen ne se réjouit pas du tout par contre... ;-)

En tout cas bonne découverte et hâte de RP ensemble !
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MessageSujet: Re: Walter x I am the danger   Sam 7 Juil - 10:56

Hahaha oui pauvre Eileen Satan
Merci à vous tous ! <3
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MessageSujet: Re: Walter x I am the danger   

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Walter x I am the danger
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