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 Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)

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MessageSujet: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Mer 18 Juil - 20:55

Depuis quelques mois et sur les conseils de sa psychiatre, Eileen s'efforçait de faire le nécessaire pour ne pas se laisser aller à la peur. Malgré la menace du retour du Faucheur qui planait depuis Noël, elle prenait soin d'elle au maximum. Elle avait été chez le coiffeur, elle s'était offert un soin du visage chez l'esthéticienne, elle était allée plusieurs fois au cinéma et, les beaux jours revenant, elle avait pris l'habitude de flâner à Riverfront Park plusieurs fois par semaine. Le début de l'année n'avait pas été simple. Elle avait repris son travail normalement, elle remplissait son emploi du temps au mieux, mais les moments de doute et de peur surgissaient dès qu'elle n'avait rien à faire, et ils étaient généralement assez forts en émotion.

Et d'émotion, Eileen en avait eu plus que son lot récemment. Capucine, sa belle-sœur, avait disparu. Sean, son frère, n'avait pas été capable de lui expliquer comment ou pourquoi, mais lorsqu'il était venu voir Eileen, il avait déjà pris sa décision. Qu'elle ait été enlevée ou qu'elle ait fugué de son plein gré (ce qui était difficile à comprendre), il partirait sans tarder à sa recherche. Il n'avait pas voulu dire à Eileen quelles pistes il avait, sans doute pour la protéger, l'empêcher de l'accompagner. En vérité, Sean avait besoin que sa sœur reste tranquillement à Little Rock pour garder Hugo. Il ne pouvait pas emmener son petit garçon avec lui. Eileen s'était donc retrouvée avec son neveu sur les bras. Non que cela lui déplaisait, mais elle n'avait jamais vraiment réfléchi à la possibilité d'être nounou plus de deux heures un mercredi après-midi. Hugo était encore jeune, et Eileen bien inexpérimentée. Sean avait dit : Je sais que je le laisse en de bonnes mains. Vous allez faire plein de choses super tous les deux. J'ai confiance en toi comme en personne d'autre, Leen. Alors, le sentant au bord des larmes, Eileen avait laissé son frère partir.

Eileen avait obtenu de son boss la possibilité d'emmener de temps en temps le petit garçon sur son lieu de travail, ce qui facilitait bien des choses. Sinon, Hugo était gardé par une nourrice. Tout le reste du temps, elle l'emmenait avec elle, y compris au jardin de la paroisse où elle travaillait avec James Williams, le pasteur. Et précisément, lorsque le passé resurgit violemment en cette fin d'après-midi, elle revenait des jardins.

Elle était en grande discussion avec Hugo qu'elle tenait par la main. James lui avait donné quelques graines dont il avait recommandé à Eileen la culture en jardinière sur le balcon de son appartement. Hugo parlait de fleurs violettes, et tandis qu'ils approchaient de la porte de l'immeuble, Eileen s'arrêta au beau milieu du trottoir et demeura silencieuse. Hugo fut forcé de s'arrêter lui aussi. Il interrogea sa tante du regard. Vingt mètres plus loin, la silhouette d'un homme obsédait Eileen. Debout et adossé à un arbre qui bordait la route, il les regardait, elle et Hugo. Immédiatement, la vue d'Eileen se brouilla. Il y avait quelque chose chez cet homme qui la forçait à rester à distance, sans qu'elle sût tout de suite réellement pourquoi. Ses mains se mirent à transpirer, le sac qui contenait les semences lui glissa des mains. Elle ne perdit pourtant pas son sang-froid, et sans confier au petit garçon la raison de son inquiétude, elle lui proposa d'aller boire un verre de sirop à l'eau à la terrasse qu'ils venaient de dépasser. Hugo accepta évidemment, et ses rires contrastèrent avec la terreur sourde qu'Eileen commençait à éprouver.

Cet homme adossé à un arbre devant chez elle l'attendait, c'était certain. Et elle, elle avait tout fait pour le fuir depuis treize ans : Walter, la cause de toutes ses phobies, son cauchemar, son pire ennemi. Le Faucheur avait donc bel et bien réussi à le lui foutre de nouveau entre les pattes, comme il l'avait dit dans sa précédente lettre.


Dernière édition par Eileen Galvin le Jeu 26 Juil - 15:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Mer 25 Juil - 17:22

Il attendait. Adossé contre l’arbre devant lequel elle était vraisemblablement déjà passée plusieurs fois. Elle, Eileen, la femme de sa vie, celle de ses désirs, de ses fantasmes. Celle pour qui il serait prêt à tout, simplement pour la reconquérir. Enfin, il l’avait retrouvée. Il allait la revoir, lui reparler. La toucher à nouveau, si elle le lui permettait. Et surtout, la demander en mariage, comme il aurait déjà dû le faire des années plus tôt. Qui sait, s’il avait trouvé le courage de le faire à l’époque, peut-être que rien de tout ça ne serait arrivé. Peut-être qu’aujourd’hui ils seraient aimants, mariés et heureux. En attendant de la revoir, il l’imaginait. Il essayait de deviner comment le temps avait agi sur son visage, sur ses formes. Elle était toujours aussi belle, il n’en doutait pas. Il l’avait déjà aperçue quelques fois, mais de loin, restant discret pour ne pas risquer de se faire repérer. Il voulait être sûr d’être prêt avant de lui parler. Et aujourd’hui, c’était le cas. Il était prêt. Fini de fuir, fini d’angoisser. Tout irait bien, de toute façon. Il n’y avait pas de raison que ça se passe mal.

Il ne saurait dire combien de temps s’était écoulé avant qu’il ne reconnaisse enfin sa silhouette au bout de la rue. Elle marchait tranquillement, prête à rentrer chez elle, peut-être satisfaite après une journée de travail, qu’en savait-il. Walter eut plaisir à voir en tout cas qu’il ne s’était pas trompé. Elle était toujours aussi ravissante et désirable. Il remarqua cependant un enfant à ses côtés, qu’elle tenait par la main. D’un seul coup, un flot de questions vinrent inonder les pensées de l’homme. Etait-ce son fils ? Est-ce qu’elle avait refait sa vie avec un autre homme ? Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, Walt se fit la réflexion que tous les deux avaient une certaine ressemblance. Une vague de panique et d’hésitation s’empara de lui. Il se raidit, les yeux écarquillés, sentant sa respiration devenir plus difficile. Encore une fois, les choses n’allaient pas comme il l’aurait attendu. Et si elle était mariée ? Elle était encore trop loin pour qu’il puisse distinguer la présence d’une alliance sur son doigt. Qui était cet enfant ? Soudainement, une autre idée, à la fois plus agréable et plus effrayante, si c’était possible, vint germer dans son esprit. Il ne savait pas si c’était possible, il était incapable d’attribuer un âge au gamin. Mais… et si c’était le sien, à lui ?

Il n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps. Eileen avait stoppé sa marche, arrêtée en plein milieu du trottoir, les yeux rivés vers lui et la bouche ouverte dans une expression de surprise. Non, pas de surprise. De terreur. Est-ce qu’elle avait peur de lui ? Walter sentit son cœur se décomposer dans sa poitrine. C’était pire encore que l’idée qu’elle puisse s’être remise avec un autre. Enfin, presque. Un instant, il voulut courir vers elle, la prendre dans ses bras, la réconforter comme il l’aurait fait à l’époque bénie où ils étaient encore ensemble. Mais les choses avaient changé, il le savait, et cela n’aurait fait qu’aggraver la situation. Il l’avait cherchée bien trop longtemps pour prendre le risque de la voir s’enfuir à nouveau. Cette fois, il ne ferait plus d’erreurs. Il saurait la garder, pour de vrai. Et pour le moment, il fallait jouer prudemment. Eileen adressa quelques mots au petit garçon qui courut en riant vers une terrasse. C’était le moment. Enfin, ils allaient pouvoir se retrouver, face à face, tous les deux.

Walter fit quelques pas doucement dans sa direction, tentant de lui montrer qu’elle ne devait pas avoir peur de lui, qu’il ne lui ferait pas de mal. Il voulait qu’elle lise dans son regard qu’elle était la femme de sa vie, qu’elle était sa vie, qu’il ne voyait pas passer ses jours autrement qu’avec elle, qu’elle l’obsédait. Qu’il n’aurait jamais agi de la sorte si ce n’était pas par peur de voir leur couple se briser comme s’était brisé celui de ses parents, qu’il n’avait pas voulu la laisser partir comme son père avait laissé partir sa mère, que tout ça n’était qu’une grande preuve d’amour, certes un peu extrême, mais purement sincère. Et que la marque qu’il avait laissé sur son dos à elle et sur son épaule à lui était le symbole indélébile de leur histoire. Que ressentait-elle chaque fois qu’elle la voyait ?

« Eileen. »

C’était si bon, si soulageant de dire son prénom à voix haute. Enfin, il réalisait à quel point il avait de la chance de la revoir. Elle lui avait tant manquée. Il ne voulait plus penser à ce petit garçon qui lui tenait la main encore à peine une minute plus tôt. Il ne voulait plus penser qu’à elle. Mais il était à court de mots. Il avait préparé un discours, mais la nervosité l’avait tout fait perdre. Il n’était plus sûr de ce qu’il devait dire. Il tenta :

« Tu es toujours aussi belle. »

Il était mal à l’aise maintenant. Il avait peur qu’elle le rejette. Après tout, elle l’avait déjà trahi une fois, lorsqu’elle avait alerté les voisins pour la sortir de la chambre où il l’avait retenue. Mais il voulait croire que ça marcherait, cette fois. Qu’elle le laisserait revenir. Et qu’ils s’aiment à nouveau.

HRP :
 
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Jeu 26 Juil - 16:21

Walter.
Elle l'avait reconnu, évidemment. Comment aurait-elle pu l'oublier ? Son visage quand il rentrait dans la chambre, quand il se penchait sur elle tandis qu'elle était attachée au lit, il était profondément ancré dans sa mémoire pour le restant de ses jours. Si elle avait eu ce moment d'arrêt en l'apercevant devant la porte de chez elle, c'avait été pour tenter de mettre de l'ordre rapidement dans ses pensées. Que faisait-il là ? Et surtout, pourquoi devant chez elle ? Comment savait-il précisément où elle habitait ? Et pourquoi maintenant, alors qu'Hugo était avec elle ?
Si elle continuait à avancer innocemment jusqu'à sa porte, elle ne parviendrait pas à faire face à la situation, elle le savait. S'il lui parlait, elle réagirait violemment.
Alors elle avait eu l'idée de se donner un peu de temps. Elle avait du lui paraître pressée de le fuir en ayant l'idée d'emmener Hugo à la terrasse du bar, mais tant pis, elle n'avait pas le choix. Le docteur Ravenwood lui avait recommandé de fuir les personnes avec qui elle ne se sentait pas en sécurité. Il incarnait à lui seul toutes ces personnes-là.

Même là, assise à la terrasse, elle ne se sentait pas bien. Il y avait bien quelques personnes dans la rue et aux tables voisines, mais s'il prenait à Walter l'envie de la suivre, elle ne pourrait rien faire pour lui échapper sans effrayer Hugo. Elle adopta une position de défense, elle glissa son sac entre ses pieds, croisa ses bras et porta toute son attention à Hugo, lui demandant aussitôt quel parfum de sirop il voulait. Elle ne voulait pas lever les yeux sur le bas de la rue, mais elle craignait fort que Walter vienne jusqu'à elle. Et cela se produisit, évidemment. Elle l'avait vu, et lui aussi. Quelle autre issue possible que la confrontation qu'elle redoutait tant ? Elle plaisantait avec le petit garçon, sans réelle envie de le faire, quand elle entendit son prénom. Le temps fut suspendu. Elle leva la tête.

Elle sentit sa gorge se nouer. Elle avait l'espace d'une seconde imaginé qu'elle pourrait jouer la comédie, faire diversion, prétendre ne pas le connaitre. Elle ne se sentit plus capable de rien, en réalité. Elle guetta un serveur, priant pour qu'il se présente à leur table. Elle se voyait déjà s'enfuir de la terrasse avec son neveu hurlant dans les bras si personne ne venait prendre leur commande dans la minute.
Tu es toujours aussi belle. Avait-elle vraiment entendu ça ? Avait-il osé ?
Le regard qu'on pouvait porter sur sa personne lui posait problème depuis tant de temps ! Et ce compliment, le premier depuis bien des années, et qu'elle eut toutes les peines du monde à prendre pour tel, devait venir de sa bouche à lui, qui était la cause de tous ses maux ?
Elle devait rester calme, pour Hugo. Le petit n'avait que trois ans, mais il avait déjà montré en quelques occasions que, comme tous les enfants, il était une éponge à émotions. D'ailleurs, il regardait l'homme, lui aussi, et se taisait. Le temps n'avait pas encore repris son cours normal, et Eileen n'avait pas dit le moindre mot. Elle s'y refusait, autant par répugnance que par peur. Il y avait deux autres chaises à leur table. Pourvu qu'il ne prenne pas place à côté d'elle !

Heureusement, avant que Walter ait dit autre chose, le serveur approcha. Elle n'avait pas réfléchi à ce qu'elle prendrait. Ce serait la même chose qu'Hugo. Ca n'avait aucune importance. Hugo prit un sirop de fraise, ainsi il en fut d'Eileen. Avant de partir, le serveur interrogea Walter du regard. Eileen trouva tout le courage dont elle se sentit capable et s'empressa d'ajouter, aussi froidement qu'elle put, sans regarder son ancien amant : Monsieur ne boira pas avec nous, merci.
Si le serveur n'était pas trop con, il comprendrait que la présence de l'homme n'était pas désirée à sa table et pourrait exercer un minimum de vigilance si les choses venaient à mal tourner. Pour le moment, Eileen resterait à la terrasse et attendrait sa boisson, mais elle n'avait pas exclu la possibilité de s'échapper si Walter ne comprenait pas rapidement qu'il valait mieux qu'il parte. Eileen voulait à tout prix garder le silence, rester insensible. Et pourtant, inexorablement, les mille questions qu'elle se posait au sujet de Walter approchaient subrepticement le bord de ses lèvres.
Mais qu'avait-elle fait pour mériter cette torture sans fin ?
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Dim 26 Aoû - 10:52

Son regard était froid, et ses paroles adressées au serveur démontraient à elles seules à quel point elle ne voulait pas le voir. Walter sentit sa gorge se nouer. Pour la première fois depuis qu’il était à Little Rock, il se demanda si venir jusqu’ici avait été une bonne idée. Après tout, tant d’années s’étaient écoulées depuis la dernière fois qu’il avait vu Eileen, encadrée par des policiers alors qu’elle fuyait la chambre dans laquelle il l’avait séquestrée. Qui savait comment tout ce temps sans lui avait pu la changer ? Est-ce qu’ils pourraient vraiment revenir à l’époque où ils étaient heureux ensemble ? Mais Walter se souvint de la bague de fiançailles qu’il avait encore dans la poche interne de sa veste, et cette pensée suffit à chasser les autres. Quoi qu’il arrive, il fallait au moins qu’il essaye. Pour eux.

Ignorant le sous-entendu derrière la remarque de sa bien-aimée, l’homme tira l’une des chaises vacantes à la table et s’installa. Il ne tenta même pas de regarder le petit garçon, préférant l’oublier pour le moment. C’était un problème vers lequel il faudrait revenir plus tard, d’abord il voulait éclaircir les choses avec Eileen. Lui prouver qu’il n’était pas dangereux, qu’elle ne devait pas avoir peur de lui et qu’il ne lui ferait jamais de mal. Que s’il avait agi de la sorte, ce n’était que par amour pour elle. Mais alors qu’il l’avait en face, qu’il plongeait son regard dans le sien, les mots lui échappaient. Il n’était pas sûr de la façon dont il devait tourner ses phrases pour être sûr qu’elle l’écoute et le comprenne. Il bégaya un instant, puis parvint à se lancer :

« Eileen, ne me rejette pas. Je comprends ton inquiétude, mais j’ai changé. Je suis guéri, j’ai compris que j’avais mal agi. Je n’aurais jamais fait ça si j’avais su que ça te ferait fuir. Je pensais que… Enfin, je ne voulais pas te perdre. Je ne veux pas te perdre. Donne-moi au moins une deuxième chance. »

C’était bancal, il le savait. Mais il espérait que ça suffît pour qu’elle accepte de lui faire confiance à nouveau. Sans réfléchir, il commença un geste pour lui attraper le poignet, mais parvint au dernier moment à s’en empêcher, jugeant que ce n’était sans doute pas la meilleure idée du monde. Elle pourrait le prendre comme une nouvelle tentative de la contrôler et prendre peur pour de vrai. Ce n’était pas vraiment ce qu’il voulait, alors il leva la main pour montrer qu’il ne ferait rien et la reposa sur la table. Grand bien lui en prit, puisqu’il remarqua le regard méfiant du serveur à quelques tables de là, qui le surveillait déjà. Apparemment, il avait pris au sérieux l’avertissement d’Eileen et faisait attention à ce que rien ne dérape. Walter n’aimait pas vraiment l’idée d’être épié de cette manière, mais de toute façon, il ne comptait pas faire quoi que ce soit de mauvais.

« Souviens-toi comme on était heureux à l’époque. Il n’est pas trop tard pour retrouver ça. »

Du moins, il l’espérait. Même s’il faisait tous les efforts possibles pour ne pas regarder le garçon qui faisait face à la femme qu’il aimait, Walter avait bien du mal à oublier l’idée que, peut-être, elle avait pu refaire sa vie avec un autre. Que finalement, après tout le mal qu’il s’était donné pour la garder près de lui, elle avait couru dans les bras d’un autre homme. Mais il ne voulait pas penser à ça. Pour le moment, il voulait garder espoir qu’ils reviennent à leur vie d’avant et qu’un jour il puisse enfin l’appeler sa femme.
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Mar 28 Aoû - 18:20

Eileen était plongée dans un trouble qui lui semblait sans limites. Malgré une température agréable et un petit vent, elle avait l'impression d'avoir les tempes en feu et des frissons lui parcouraient tout le corps. Où était son frère quand elle avait besoin de lui ? pensa-t-elle égoïstement. Elle était aux prises avec celui qu'elle tenait pour responsable de tous ses malheurs, celui qu'elle aurait voulu ne jamais revoir, et lui, son sauveur, son confident, était parti à la recherche de sa femme en lui laissant son fils dans les pattes. L'espace d'un instant, elle crut à une nouvelle orchestration machiavélique du Faucheur. Enlever la belle-sœur pour éloigner le petit frère pour faire revenir l'amant tortionnaire : quelle riche idée pour la déstabiliser !

En attendant, il fallait se défaire de cette épineuse situation, sans y laisser davantage de plumes. Walter venait de tirer une chaise à lui et de s'installer près d'elle. Il n'avait donc pas compris sa mise en garde lorsqu'elle s'était adressée au serveur. Il s'écoula un instant avant qu'il ne parle pendant lequel Eileen songea à se lever brusquement et s'enfuir en courant, quitte à renverser des chaises ou effrayer les quelques clients à la terrasse. Pourtant, elle ne bougea pas. Elle eut le déplaisir d'entendre la suite, sans être capable de le regarder. Elle prit la main du petit Hugo à ses côtés dans la sienne, et l'autre, nerveusement, s'agrippa au rebord de la table. Elle tressaillit lorsqu'elle entendit Walter parler de deuxième chance. Il ne l'aurait pas, c'était décidé depuis bien longtemps. C'était impossible. Du coin de l'œil, elle vit sa main s'approcher de la sienne. Elle lâcha brusquement le rebord de la table et enfouit ses doigts entre ses genoux serrés. Heureusement, le geste de Walter s'arrêta net. Et un nouveau silence lourd, qu'il rompit en évoquant leur vie commune passée. Il avait osé. Encore. Etait-il stupide ou amnésique ? Elle ne put pas s'empêcher de rompre son vœu de silence formulé dans sa tête en s'asseyant à la terrasse du café.

- Beaucoup de couples se donnent une deuxième chance, oui. Mais ils ne se sont pas tous séparés comme nous.

Eileen trouva la force de le regarder, et sitôt qu'elle croisa son regard, elle le regretta. Ces yeux bleus, une nouvelle fois, elle les vit penchés sur elle dans cette chambre où elle fut ligotée. Tout comme maintenant, même si la corde avait disparu. Et comme il n'ajoutait rien, elle voulut s'assurer qu'il avait pris la mesure de son geste, puisqu'il disait qu'il était guéri. Elle avait alors bien compris qu'il était malade, mais sans doute trop tard. Oui, il avait eu des changements d'humeur. Il lui avait semblé menaçant, excessivement jaloux. Mais si elle s'était douté qu'il lui ferait ça, elle l'aurait quitté bien avant.

- Tu te souviens quand même de ce que tu as fait, Walter ?... demanda Eileen en se forçant à le regarder encore. A quoi est-ce que tu pensais ? Les gens normaux ne se ...

La fin de sa phrase s'étrangla dans un sanglot, mais elle résista. Elle avait conscience du choix dur de ses mots, en opposant Walter et "les gens normaux". Mais c'était le prix qu'il avait à payer. Elle en avait bien trop chié à cause de lui après cet affreux épisode de sa vie. Il ne pouvait pas se repointer après quelques années, lui dire qu'elle était belle et faire comme si de rien n'était, putain ! Il voulait peut-être qu'elle lui montre son dos, là, en pleine rue, pour lui rafraîchir la mémoire ?

- Tu ne sais pas ce que j'ai enduré après.

Elle serra un peu plus la main du petit Hugo, qui essaya de dégager la sienne avec un petit gémissement. Le serveur apporta deux verres de sirop.
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Sam 22 Sep - 11:12

Eileen le laissa parler sans rien dire, le visage toujours fermé, tant et si bien que Walter se demanda si elle finirait par lui adresser la parole un jour. Le détestait-elle à ce point ? Oui, sans doute. Ce n’était pas une erreur qu’il pouvait simplement effacer de sa mémoire en un claquement de doigt. Tout de même, il aurait aimé avoir au moins la chance de se racheter, de s’excuser et de lui prouver qu’il pouvait prendre soin d’elle à nouveau. Que ce n’avait été qu’une passade, qu’un moment de faiblesses face à ses angoisses, que son séjour à l’hôpital l’avait rendu meilleur et qu’il était bien décidé à se montrer plus fort, cette fois. S’il avait sa seconde chance, jamais il ne laisserait une chose pareille se reproduire, il voulait bien le jurer. Et si le considérer de nouveau comme son petit ami était trop demander, au moins Walter espérait-il qu’elle cesse de le considérer comme un monstre. Il avait bien vu la panique dans ses yeux lorsqu’il avait tenté de lui prendre le bras, tout à l’heure. Il se félicitait de s’être retenu et d’avoir résisté à la tentation de la toucher, mais à la voir si terrifiée, il avait senti quelque chose se briser dans sa poitrine. Encore une fois. Et encore une fois, cette question terrible, insupportable : comment en étaient-ils arrivés là ? Ils avaient été si heureux, fut un temps, et Walter savait qu’il donnerait n’importe quoi pour revenir en arrière, retourner à cette époque et corriger les erreurs du passé.

Mais on ne revenait pas en arrière, et s’il y avait quelque chose à corriger, c’était maintenant qu’il fallait le faire. Du moins, lorsqu’Eileen aurait enfin daigné lui répondre. Elle parla finalement, mais ses mots furent loin d’être ceux que Walter avait espérés. À l’entendre, elle ne voulait même pas essayer d’en débattre. Leur couple ne faisait pas partie de ceux qui méritaient une seconde chance. Si le blond ne pouvait pas dire qu’il ne s’y attendait pas, il n’en était pas moins déçu. Peut-être qu’il avait espéré un peu trop de cette confrontation, finalement. Malgré tout, il ne voulait pas encore se décourager. Il n’avait pas encore utilisé toutes ses cordes. Alors oui, peut-être bien que peu de couples s’étaient terminés comme eux. Mais il était prêt à tout pour faire en sorte que cette séparation ne soit plus qu’un lointain souvenir, un événement anecdotique. C’avait été un accident, ça n’arriverait plus. Qui sait ? Ils pourraient même réussir à en rire, plus tard. Il chercha ses mots, prêts à argumenter de nouveau, quand elle lui posa une question. Malgré lui, Walter sentit ses lèvres s’étirer dans un demi-sourire. Une question ! Ça signifiait qu’elle acceptait enfin un dialogue ! Elle acceptait de l’écouter, d’entendre ce qu’il avait à lui dire. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était déjà un début. Peut-être un premier pas vers le chemin de la réconciliation. Et peut-être que…

Les pensées de l’homme s’arrêtèrent net. « Normaux ». Elle avait dit « normaux ». Elle ne le considérait même plus comme quelqu’un de normal. Bien sûr. Les gens normaux ne finissaient pas à l’asile non plus. Elle avait raison. Il devait être différent. Il était plus faible, plus stressé, plus envieux de tout contrôler. Les gens normaux savaient toujours où poser leurs limites. À quel moment avait-il cessé d’appartenir à cette catégorie ? Dès sa naissance ? Après la séparation de ses parents ? Ou bien était-ce le jour où il l’avait rencontrée, elle ? Mais ce n’était pas la question la plus importante, en réalité. Le principal, c’était d’espérer redevenir « normal » à ses yeux. Après tout, il avait passé tant de temps dans un hôpital psychiatrique, il fallait bien que sa thérapie ait servi à quelque chose. Il s’efforça donc de rester neutre face à la remarque d’Eileen et de ne pas l’interrompre tandis qu’elle finissait sur sa dernière phrase. En effet, il n’avait aucune idée de ce qu’elle avait enduré après. Pour être honnête, il ne savait rien de ce qui avait pu se passer entre le moment où il a été arrêté et le moment où il avait retrouvé sa trace ici, quelques jours auparavant ; et il savait encore moins quelle influence sa séquestration avait pu avoir sur sa vie. Le ton qu’elle employait indiquait néanmoins que ces années n'avaient pas dû être faciles pour elle. Mais pour lui aussi, ça avait été difficile. Il était tombé plus bas que terre, et seule la perspective de la revoir auprès de lui rendait sa vie moins médiocre. Il décida cependant que ce n’était pas vraiment le meilleur moment de se plaindre et répondit plutôt :

« Je suis désolé, Eileen. Je n’aurais pas dû, la dernière chose que je voulais c’était de te faire du mal. Je nous voulais heureux, je voulais purifier notre couple. Je m’y suis mal pris. Et non, je ne sais pas ce que tu as subi ensuite. Mais je suis là, maintenant. Peut-être qu’on peut essayer de retrouver ce qu’on avait avant. D’être heureux à nouveau, ensemble, je crois qu’on peut le faire, si tu m’en donnes la chance. Et si, bien sûr… »

Il laissa pour la première fois son regard s’attarder sur l’enfant assis près d’elle. Son visage s’assombrit tandis qu’il prononçait la fin de sa phrase :

« … tu n’as personne d’autre dans ta vie. »

Cette idée le rendait fou. Malade. Si elle avait retrouvé quelqu’un, si elle avait fondé une famille sans lui, si une autre personne avait réussi à obtenir ce que lui désirait depuis déjà tant d’années… Il ne savait pas comment il réagirait, il n’osait pas l’imaginer.
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Dim 30 Sep - 18:30

A mesure que Walter tentait de s'expliquer, de s'excuser, de se faire pardonner, il semblait à Eileen que le fossé entre eux s'élargissait de plus en plus. Ce n'était pas une mauvaise chose, car elle ne voulait plus avoir rien à faire avec lui. Mais tout de même, elle ne comprenait pas. Elle ne savait déjà pas comment Walter avait pu retrouver sa trace à Little Rock, même s'il avait été aidé par le Faucheur. Et elle ne comprenait pas plus quel était cette espèce de culot mal placé qui l'autorisait, alors qu'elle s'apprêtait à boire un verre avec son petit neveu, à s'asseoir avec eux, et sans autre détour, à vouloir la reconquérir, à évoquer l'épisode le plus douloureux de sa vie (au sens propre comme au figuré) comme un événement presque banal. S'il prétendait être guéri, il n'avait en tout cas pas retrouvé les codes sociaux qui régissent les rapports entre les gens.
Eileen, elle, portait sa cicatrice comme un fardeau, et cette marque avait éteint beaucoup de choses en elle ; elle avait perdu sa confiance, sa féminité, son envie d'approcher les autres. La peur l'avait envahie tout entière, et ce n'était que depuis sa fuite du Crescent Hotel qu'elle s'était autorisé la recherche d'un nouvel équilibre. Ce qu'elle avait réussi à construire était encore très précaire, surtout depuis la disparition de Capucine et le départ de Sean.
Elle ne pouvait pas faire confiance à Walter, c'était inconcevable. Les excuses n'y feraient rien. Et surtout, elle n'arrivait pas à le prendre en pitié. Elle n'avait pas envie de savoir qu'il avait changé, ni ce qu'il avait fait pour ça. Peut-être de la prison, un séjour dans un hôpital ? Elle ne voulait pas lui poser la question. Cela passerait pour de l'intérêt, et dans ce qu'elle ressentait pour lui, il n'y avait plus que de l'aversion. Si elle obtenait des explications, ce serait parce qu'il les lui donnerait lui-même. Et encore, elle y croyait peu. Elle n'y crut plus du tout quand elle l'entendit dire qu'il avait voulu purifier le couple qu'il formait avec elle. Il eut beau dire qu'il s'y était mal pris (ah, ça c'était le moins qu'on pût dire), son cœur avait fait un tel bond dans sa poitrine qu'elle n'entendit pas la suite de la phrase. Oui, il était vraiment dérangé.

Elle fixait son verre de sirop, au bord duquel elle n'avait même pas envie de poser ses lèvres, quand un léger temps d'arrêt dans son discours la fit tourner les yeux vers lui. Il regardait l'enfant à côté d'elle. Soudain, tandis que le regard de Walter s'assombrissait, une idée illumina le sien. Pouvait-elle vraiment se débarrasser de lui comme ça ? Il suffisait de lui dire qu'elle était maman, qu'Hugo était son fils ? C'était possible, bien que très risqué. L'improvisation n'était pas son fort, et si elle s'embarquait dans ce genre de mensonge, elle pouvait très bien y rester empêtrée, et ce plus tôt qu'elle pensait. Elle n'était pas préparée, elle devrait raconter l'histoire à mesure qu'elle l'inventait. Hugo, sans faire exprès, l'appellerait peut-être "tata", et son mensonge volerait en éclats. Elle préféra ne pas prendre le risque. Et puis, pourquoi lui raconter des mensonges ? Elle était bien capable de lui résister sans raconter n'importe quoi. Elle ne voulait rien dire sur le petit, ne pas l'impliquer dans des histoires de grandes personnes. Il en avait déjà assez vu comme ça.
- Il n'y a personne, non. Et c'est très bien comme ça, dit-elle d'un ton qu'elle espéra assez cassant.
Elle eut l'idée d'un mensonge qui n'impliquait qu'elle-même, et elle ajouta, avec toute l'ironie dont elle se sentit capable :
- En fait, quand je me déshabille, mes conquêtes ont un peu peur de la marque que j'ai dans le dos.
Pour se donner de la contenance, elle saisit le verre d'Hugo pour le lui donner. Quand il l'eut bien en mains, et qu'elle se fut assurée qu'il ne le lâcherait pas, elle reporta son attention sur Walter. Il était temps de lever le mystère de ces routes qui se croisaient aujourd'hui, alors qu'elles n'auraient plus jamais dû le faire. Elle conserva la même froideur.
- Qu'est-ce que tu veux, Walter ? Comment m'as-tu retrouvée ? Comment est-ce que tu sais précisément où j'habite ? Tu m'as suivie ? C'est le Faucheur qui t'a aidé, c'est ça ?
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