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 Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)

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MessageSujet: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Mer 18 Juil - 20:55

Depuis quelques mois et sur les conseils de sa psychiatre, Eileen s'efforçait de faire le nécessaire pour ne pas se laisser aller à la peur. Malgré la menace du retour du Faucheur qui planait depuis Noël, elle prenait soin d'elle au maximum. Elle avait été chez le coiffeur, elle s'était offert un soin du visage chez l'esthéticienne, elle était allée plusieurs fois au cinéma et, les beaux jours revenant, elle avait pris l'habitude de flâner à Riverfront Park plusieurs fois par semaine. Le début de l'année n'avait pas été simple. Elle avait repris son travail normalement, elle remplissait son emploi du temps au mieux, mais les moments de doute et de peur surgissaient dès qu'elle n'avait rien à faire, et ils étaient généralement assez forts en émotion.

Et d'émotion, Eileen en avait eu plus que son lot récemment. Capucine, sa belle-sœur, avait disparu. Sean, son frère, n'avait pas été capable de lui expliquer comment ou pourquoi, mais lorsqu'il était venu voir Eileen, il avait déjà pris sa décision. Qu'elle ait été enlevée ou qu'elle ait fugué de son plein gré (ce qui était difficile à comprendre), il partirait sans tarder à sa recherche. Il n'avait pas voulu dire à Eileen quelles pistes il avait, sans doute pour la protéger, l'empêcher de l'accompagner. En vérité, Sean avait besoin que sa sœur reste tranquillement à Little Rock pour garder Hugo. Il ne pouvait pas emmener son petit garçon avec lui. Eileen s'était donc retrouvée avec son neveu sur les bras. Non que cela lui déplaisait, mais elle n'avait jamais vraiment réfléchi à la possibilité d'être nounou plus de deux heures un mercredi après-midi. Hugo était encore jeune, et Eileen bien inexpérimentée. Sean avait dit : Je sais que je le laisse en de bonnes mains. Vous allez faire plein de choses super tous les deux. J'ai confiance en toi comme en personne d'autre, Leen. Alors, le sentant au bord des larmes, Eileen avait laissé son frère partir.

Eileen avait obtenu de son boss la possibilité d'emmener de temps en temps le petit garçon sur son lieu de travail, ce qui facilitait bien des choses. Sinon, Hugo était gardé par une nourrice. Tout le reste du temps, elle l'emmenait avec elle, y compris au jardin de la paroisse où elle travaillait avec James Williams, le pasteur. Et précisément, lorsque le passé resurgit violemment en cette fin d'après-midi, elle revenait des jardins.

Elle était en grande discussion avec Hugo qu'elle tenait par la main. James lui avait donné quelques graines dont il avait recommandé à Eileen la culture en jardinière sur le balcon de son appartement. Hugo parlait de fleurs violettes, et tandis qu'ils approchaient de la porte de l'immeuble, Eileen s'arrêta au beau milieu du trottoir et demeura silencieuse. Hugo fut forcé de s'arrêter lui aussi. Il interrogea sa tante du regard. Vingt mètres plus loin, la silhouette d'un homme obsédait Eileen. Debout et adossé à un arbre qui bordait la route, il les regardait, elle et Hugo. Immédiatement, la vue d'Eileen se brouilla. Il y avait quelque chose chez cet homme qui la forçait à rester à distance, sans qu'elle sût tout de suite réellement pourquoi. Ses mains se mirent à transpirer, le sac qui contenait les semences lui glissa des mains. Elle ne perdit pourtant pas son sang-froid, et sans confier au petit garçon la raison de son inquiétude, elle lui proposa d'aller boire un verre de sirop à l'eau à la terrasse qu'ils venaient de dépasser. Hugo accepta évidemment, et ses rires contrastèrent avec la terreur sourde qu'Eileen commençait à éprouver.

Cet homme adossé à un arbre devant chez elle l'attendait, c'était certain. Et elle, elle avait tout fait pour le fuir depuis treize ans : Walter, la cause de toutes ses phobies, son cauchemar, son pire ennemi. Le Faucheur avait donc bel et bien réussi à le lui foutre de nouveau entre les pattes, comme il l'avait dit dans sa précédente lettre.


Dernière édition par Eileen Galvin le Jeu 26 Juil - 15:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Mer 25 Juil - 17:22

Il attendait. Adossé contre l’arbre devant lequel elle était vraisemblablement déjà passée plusieurs fois. Elle, Eileen, la femme de sa vie, celle de ses désirs, de ses fantasmes. Celle pour qui il serait prêt à tout, simplement pour la reconquérir. Enfin, il l’avait retrouvée. Il allait la revoir, lui reparler. La toucher à nouveau, si elle le lui permettait. Et surtout, la demander en mariage, comme il aurait déjà dû le faire des années plus tôt. Qui sait, s’il avait trouvé le courage de le faire à l’époque, peut-être que rien de tout ça ne serait arrivé. Peut-être qu’aujourd’hui ils seraient aimants, mariés et heureux. En attendant de la revoir, il l’imaginait. Il essayait de deviner comment le temps avait agi sur son visage, sur ses formes. Elle était toujours aussi belle, il n’en doutait pas. Il l’avait déjà aperçue quelques fois, mais de loin, restant discret pour ne pas risquer de se faire repérer. Il voulait être sûr d’être prêt avant de lui parler. Et aujourd’hui, c’était le cas. Il était prêt. Fini de fuir, fini d’angoisser. Tout irait bien, de toute façon. Il n’y avait pas de raison que ça se passe mal.

Il ne saurait dire combien de temps s’était écoulé avant qu’il ne reconnaisse enfin sa silhouette au bout de la rue. Elle marchait tranquillement, prête à rentrer chez elle, peut-être satisfaite après une journée de travail, qu’en savait-il. Walter eut plaisir à voir en tout cas qu’il ne s’était pas trompé. Elle était toujours aussi ravissante et désirable. Il remarqua cependant un enfant à ses côtés, qu’elle tenait par la main. D’un seul coup, un flot de questions vinrent inonder les pensées de l’homme. Etait-ce son fils ? Est-ce qu’elle avait refait sa vie avec un autre homme ? Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, Walt se fit la réflexion que tous les deux avaient une certaine ressemblance. Une vague de panique et d’hésitation s’empara de lui. Il se raidit, les yeux écarquillés, sentant sa respiration devenir plus difficile. Encore une fois, les choses n’allaient pas comme il l’aurait attendu. Et si elle était mariée ? Elle était encore trop loin pour qu’il puisse distinguer la présence d’une alliance sur son doigt. Qui était cet enfant ? Soudainement, une autre idée, à la fois plus agréable et plus effrayante, si c’était possible, vint germer dans son esprit. Il ne savait pas si c’était possible, il était incapable d’attribuer un âge au gamin. Mais… et si c’était le sien, à lui ?

Il n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps. Eileen avait stoppé sa marche, arrêtée en plein milieu du trottoir, les yeux rivés vers lui et la bouche ouverte dans une expression de surprise. Non, pas de surprise. De terreur. Est-ce qu’elle avait peur de lui ? Walter sentit son cœur se décomposer dans sa poitrine. C’était pire encore que l’idée qu’elle puisse s’être remise avec un autre. Enfin, presque. Un instant, il voulut courir vers elle, la prendre dans ses bras, la réconforter comme il l’aurait fait à l’époque bénie où ils étaient encore ensemble. Mais les choses avaient changé, il le savait, et cela n’aurait fait qu’aggraver la situation. Il l’avait cherchée bien trop longtemps pour prendre le risque de la voir s’enfuir à nouveau. Cette fois, il ne ferait plus d’erreurs. Il saurait la garder, pour de vrai. Et pour le moment, il fallait jouer prudemment. Eileen adressa quelques mots au petit garçon qui courut en riant vers une terrasse. C’était le moment. Enfin, ils allaient pouvoir se retrouver, face à face, tous les deux.

Walter fit quelques pas doucement dans sa direction, tentant de lui montrer qu’elle ne devait pas avoir peur de lui, qu’il ne lui ferait pas de mal. Il voulait qu’elle lise dans son regard qu’elle était la femme de sa vie, qu’elle était sa vie, qu’il ne voyait pas passer ses jours autrement qu’avec elle, qu’elle l’obsédait. Qu’il n’aurait jamais agi de la sorte si ce n’était pas par peur de voir leur couple se briser comme s’était brisé celui de ses parents, qu’il n’avait pas voulu la laisser partir comme son père avait laissé partir sa mère, que tout ça n’était qu’une grande preuve d’amour, certes un peu extrême, mais purement sincère. Et que la marque qu’il avait laissé sur son dos à elle et sur son épaule à lui était le symbole indélébile de leur histoire. Que ressentait-elle chaque fois qu’elle la voyait ?

« Eileen. »

C’était si bon, si soulageant de dire son prénom à voix haute. Enfin, il réalisait à quel point il avait de la chance de la revoir. Elle lui avait tant manquée. Il ne voulait plus penser à ce petit garçon qui lui tenait la main encore à peine une minute plus tôt. Il ne voulait plus penser qu’à elle. Mais il était à court de mots. Il avait préparé un discours, mais la nervosité l’avait tout fait perdre. Il n’était plus sûr de ce qu’il devait dire. Il tenta :

« Tu es toujours aussi belle. »

Il était mal à l’aise maintenant. Il avait peur qu’elle le rejette. Après tout, elle l’avait déjà trahi une fois, lorsqu’elle avait alerté les voisins pour la sortir de la chambre où il l’avait retenue. Mais il voulait croire que ça marcherait, cette fois. Qu’elle le laisserait revenir. Et qu’ils s’aiment à nouveau.

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MessageSujet: Re: Remembrances (Eileen Galvin / Walter E. Brown)   Jeu 26 Juil - 16:21

Walter.
Elle l'avait reconnu, évidemment. Comment aurait-elle pu l'oublier ? Son visage quand il rentrait dans la chambre, quand il se penchait sur elle tandis qu'elle était attachée au lit, il était profondément ancré dans sa mémoire pour le restant de ses jours. Si elle avait eu ce moment d'arrêt en l'apercevant devant la porte de chez elle, c'avait été pour tenter de mettre de l'ordre rapidement dans ses pensées. Que faisait-il là ? Et surtout, pourquoi devant chez elle ? Comment savait-il précisément où elle habitait ? Et pourquoi maintenant, alors qu'Hugo était avec elle ?
Si elle continuait à avancer innocemment jusqu'à sa porte, elle ne parviendrait pas à faire face à la situation, elle le savait. S'il lui parlait, elle réagirait violemment.
Alors elle avait eu l'idée de se donner un peu de temps. Elle avait du lui paraître pressée de le fuir en ayant l'idée d'emmener Hugo à la terrasse du bar, mais tant pis, elle n'avait pas le choix. Le docteur Ravenwood lui avait recommandé de fuir les personnes avec qui elle ne se sentait pas en sécurité. Il incarnait à lui seul toutes ces personnes-là.

Même là, assise à la terrasse, elle ne se sentait pas bien. Il y avait bien quelques personnes dans la rue et aux tables voisines, mais s'il prenait à Walter l'envie de la suivre, elle ne pourrait rien faire pour lui échapper sans effrayer Hugo. Elle adopta une position de défense, elle glissa son sac entre ses pieds, croisa ses bras et porta toute son attention à Hugo, lui demandant aussitôt quel parfum de sirop il voulait. Elle ne voulait pas lever les yeux sur le bas de la rue, mais elle craignait fort que Walter vienne jusqu'à elle. Et cela se produisit, évidemment. Elle l'avait vu, et lui aussi. Quelle autre issue possible que la confrontation qu'elle redoutait tant ? Elle plaisantait avec le petit garçon, sans réelle envie de le faire, quand elle entendit son prénom. Le temps fut suspendu. Elle leva la tête.

Elle sentit sa gorge se nouer. Elle avait l'espace d'une seconde imaginé qu'elle pourrait jouer la comédie, faire diversion, prétendre ne pas le connaitre. Elle ne se sentit plus capable de rien, en réalité. Elle guetta un serveur, priant pour qu'il se présente à leur table. Elle se voyait déjà s'enfuir de la terrasse avec son neveu hurlant dans les bras si personne ne venait prendre leur commande dans la minute.
Tu es toujours aussi belle. Avait-elle vraiment entendu ça ? Avait-il osé ?
Le regard qu'on pouvait porter sur sa personne lui posait problème depuis tant de temps ! Et ce compliment, le premier depuis bien des années, et qu'elle eut toutes les peines du monde à prendre pour tel, devait venir de sa bouche à lui, qui était la cause de tous ses maux ?
Elle devait rester calme, pour Hugo. Le petit n'avait que trois ans, mais il avait déjà montré en quelques occasions que, comme tous les enfants, il était une éponge à émotions. D'ailleurs, il regardait l'homme, lui aussi, et se taisait. Le temps n'avait pas encore repris son cours normal, et Eileen n'avait pas dit le moindre mot. Elle s'y refusait, autant par répugnance que par peur. Il y avait deux autres chaises à leur table. Pourvu qu'il ne prenne pas place à côté d'elle !

Heureusement, avant que Walter ait dit autre chose, le serveur approcha. Elle n'avait pas réfléchi à ce qu'elle prendrait. Ce serait la même chose qu'Hugo. Ca n'avait aucune importance. Hugo prit un sirop de fraise, ainsi il en fut d'Eileen. Avant de partir, le serveur interrogea Walter du regard. Eileen trouva tout le courage dont elle se sentit capable et s'empressa d'ajouter, aussi froidement qu'elle put, sans regarder son ancien amant : Monsieur ne boira pas avec nous, merci.
Si le serveur n'était pas trop con, il comprendrait que la présence de l'homme n'était pas désirée à sa table et pourrait exercer un minimum de vigilance si les choses venaient à mal tourner. Pour le moment, Eileen resterait à la terrasse et attendrait sa boisson, mais elle n'avait pas exclu la possibilité de s'échapper si Walter ne comprenait pas rapidement qu'il valait mieux qu'il parte. Eileen voulait à tout prix garder le silence, rester insensible. Et pourtant, inexorablement, les mille questions qu'elle se posait au sujet de Walter approchaient subrepticement le bord de ses lèvres.
Mais qu'avait-elle fait pour mériter cette torture sans fin ?
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