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 In My Solitude [PV James]

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Arrivée sur HC : 02/09/2018

MessageSujet: In My Solitude [PV James]   Dim 16 Sep - 11:24

Cezar Schneider
James Williams
In My Solitude
Cezar ignorait ce qui avait été le plus difficile : la douleur émotionnelle d'avoir enterré le corps de Baldrick par lui-même, ou la douleur physique d'avoir enterré le corps de Baldrick par lui-même.

Pour l'instant, il penchait pour la douleur physique.

Après tout, il avait fallu, dans l'ordre :

1- décrocher Baldrick du plafond ;
2- nettoyer l'appartement de toute trace compromettante ;
3- enrouler Baldrick dans un drap ;
4- tirer discrètement Baldrick dans l'ascenseur ;
5- caler Baldrick pour que sa tête arrête d'empêcher la fermeture des portes de l'ascenseur ;
6- tirer Baldrick dans une voiture volée ;
7- … voler une voiture ;
8- effectivement tirer Baldrick dans une voiture volée ;
9- faire un arrêt à un magasin de jardinage ;
10- louer une pelle et une pioche ;
11- conduire hors de la ville ;
12- trouver un coin tranquille ;
13- sortir successivement Baldrick et les outils de la voiture ;
14- traîner Baldrick jusqu'au coin tranquille ;
15- creuser un trou ;
16- … creuser un trou plus profond ;
17- … creuser un trou ENCORE plus profond ;
18- … sortir du trou… ;
19- pousser Baldrick dans le trou ;
20- reboucher le trou ;
21- remettre les outils dans la voiture ;
22- revenir en ville ;
23- rendre les outils au magasin ;
24- intimider le propriétaire pour ne pas payer la location ;
25- remettre la voiture à son endroit initial.

À présent, Cezar boitait en direction du centre-ville, alors que la nuit tombait, et massait ses mains endolories, dont il était sûr qu'elles seraient couvertes d'ampoules et d'érythèmes dans les heures qui suivraient. Et à mesure que l'affect des souvenirs de sa journée s'estompait, la douleur émotionnelle d'avoir enterré le corps de Baldrick par lui-même poignait en lui. Cezar ne savait pas pourquoi, mais la disparition brusque de son ancien collègue lui avait occasionné un vide sans fond dans le cœur, associé à une douleur inqualifiable, un peu comme s'il s'était arraché les ongles à mains nues tout seul. Il s'arrêta et contempla ses paumes.

Elles étaient noircies de terre et rougies d'irritation. Et pourtant vierges de sang. C'était peut-être bien la première fois qu'il enterrait le corps d'un individu qu'il n'avait pas tué au préalable. Non, à la place, Baldrick avait jugé préférable de se donner la mort tout seul, afin d'adresser un dernier doigt d'honneur à Cezar. Aurait-il écrit dans une lettre "ha ha je t'ai bien niqué" signée Baldrick que cela aurait eu le même impact sur l'Homme Tordu.

Et pourtant la lettre ne lui avait même pas été adressé à lui. Juste au Faucheur. Le Faucheur. Le Faucheur. Cezar se demandait qui il était. Ou elle. Ou ils/elles. Et pourquoi ce Faucheur avait estimé malin de priver Cezar de son égalisation des scores. C'était exactement comme si un arbitre sifflait la fin du match dès que l'équipe avait marqué un but, sans se soucier de la fin du temps imparti.

Oui, le Faucheur avait moissonné Baldrick avant le temps imparti, et c'était inacceptable, car maintenant Cezar se sentait terriblement frustré, et terriblement seul.

Ce ne fut qu'à ce moment qu'il se rendit compte qu'il s'était arrêté devant le parvis d'une église chrétienne. Le Juif en lui frissonna. À ses yeux, rien ne valait une bonne vieille synagogue, elles étaient architecturalement plus impressionnantes. En dépit des efforts de ses parents, Cezar ne s'était jamais vraiment intéressé à la religion, et ne s'était adressé à Dieu que dans des moments de détresse, qui se comptaient sur les doigts de la main d'un manchot, et encore seulement durant sa jeunesse. Même son passage par la case prison n'avait pas réussi à le convertir. Cezar sentait néanmoins qu'il avait besoin de parler de ses sentiments contradictoires. Peut-être que Dieu saurait lui accorder une oreille attentive.

L'Homme Tordu poussa la porte du lieu de culte et, claudiquant, remontant la nef. Il n'y avait presque personne, dans cette église, et l'atmosphère lui semblait aussi silencieuse qu'oppressante, exactement comme la fois où il s'était retrouvé au fond de l'eau, les pieds et poings liés. Durant un quart de seconde, il esquissa un début de volteface pour repartir, mais il se ravisa aussitôt et reprit sa remontée, jusqu'au premier rang, devant l'autel. Il prit place sur le banc à sa droite et… se demanda ce qu'il fallait fichtrement faire. Il jeta un coup d'œil à gauche, à droite, et essaya d'imiter les autres personnes présentes. Il joignit les mains devant la bouche, les coudes calés sur les genoux, les yeux rivés sur la croix de l'autel.

— Hum… euh… allô ? J'espère ne pas être tombé sur la messagerie. Écoute… Dieu… mon pote… je suis un peu paumé. J'ai, comme qui dirait, un ami, si on peut dire, qui vient de mourir et, je… je ne sais pas quoi faire.
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