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 Orange culinaire (PV)

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Talula Jones

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MessageSujet: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptySam 8 Déc - 9:17
Elle avait entendu le chien, la femme, le mari, les enfants, et même un truc (qu'elle présumait être un pot de fleurs) venu s'écraser contre son mur porteur.
Les criailleries y allaient toujours crescendo. D'abord, il y avait les enfants qui se chamaillaient : ça faisait aboyer le chien. Puis la femme qui haussait le ton : ça faisait aboyer, encore plus, le chien. Et finalement l'homme qui gueulait plus fort que tout le monde. Et là, généralement, le chien n'aboyait plus trop...

Elle avait investi dans des boules quies parce que les écouteurs, à chaque silence, voyaient la suite des paroles s'accompagner de "dans vos chambres !" "oh j'en ai marre j'en ai marre!" et d'autres termes, mais nettement plus grossiers. (pas jolis du tout)

Au début, elle s'était demandée pourquoi personne dans l'immeuble ne s'offusquait de ce tapage, mais par la suite elle avait compris que SI personne ne s'offusquait, cela devait être pour une bonne raison : ne jamais se mettre à dos une famille de sociopathes.

Il était donc 22h, les gueulardes chantaient leurs louanges dans l'appartement d'à côté, et elle était concentrée à écrire un article passionnant sur comment cuisiner des carottes. Dès son entrée dans la gazette du "Pulp Fic'tWaw!" le regard de la patronne du journal s'était arrêté sur deux choses : la tenue intégrale de Talula, d'une banalité affligeante, puis le prénom sur son CV.

Talula ? Le scepticisme avait crevé dans son ton, équivoque. "C'est un prénom chinois, ça, Talula ?"

Énième rappel.

"Je ne suis pas chinoise."

"Oui d'accord, bon. Ecoutez... euh, Talula, j'aime bien votre expérience professionnelle, or j'ai bien peur que votre plume ne fasse trop dans le "sensationnel" pour nos lectrices."

Elle n'avait pas dit lecteurs, mais lectrices. Aussitôt, Talula savait qu'elle ne l'aimerait pas.

Et en effet, suivant le regard étriqué et misandre (et misogyne) de cette patronne, Le "Pulp Fic'tWaw!" n'était en rien fidèle à son nom. L'objectif premier de cette gazette était d'offrir des idées, réputées imparables, pour bien se maquiller, bien se vêtir, bien décorer son intérieur et, oui, bien cuisiner... d'où l'article sur les carottes.
Mais elle avait besoin d'un travail et nul autre n'avait daigné lui accorder une entrevue. Alors elle était en période d'essai.
Ha ha... une période d'essai, et son baptême, ce test ultime d'entretient d'embauche, ça serait les carottes.  Alors, quitte à le faire, autant y insinuer un petit pied de nez en s'adressant aussi aux hommes, parce que les hommes aussi aimaient à manger, elle en était certaine.

Enfin, vers les coups de minuit moins le quart, alors qu'elle avait décidé de se faxer dans son lit ( quand on est si crevée qu'on en a jusqu'à la flemme de tirer les draps et qu'on s'y glisse en mode salade dans un sandwich ) un hurlement de dingue -elle n'aurait su le qualifier autrement- s'éleva de chez ses voisins. Une course aussi, un BOUM qui fit trembler le parquet. Elle se leva, à moitié dans les vapes, à moitié excédée.
Appeler les flics ? Non, les flics, elle avait donné. Et vu la psychose de son sergent de père, il y aurait tout à parier qu'un simple appel pour tapage nocturne soit retransmis jusqu'à Batesville et qu'il envoie la cavalerie au motif que "ceci est un appel d'urgence codé, je suis sûr que ma fille est en grand danger de mort imminent !!" Chipant son sweet dix fois trop grand (celui-ci ayant appartenu à Nolan), elle l'enfila à l'envers et ouvrit la porte à la volée.

"OK Ca suffit ce cirque !!!" qu'elle cria en tapant à leur porte.

Elle aurait pu demander "est-ce que ca va ?" mais ils lui avaient tellement cassé les oreilles depuis sa venue ici qu'elle se disait que s'ils allaient mal, au moins ça deviendrait plus calme ! Sauf que personne ne lui répondit. Aucun bruit, rien, nada.

Paradoxalement -et c'était à n'y rien comprendre- au lieu de la contenter, ce silence fit redoubler sa colère. Ils piaillaient en continue et voilà qu'ils jouaient les fantômes dès qu'ELLE venait leur faire la morale ! La barbe ! Pas étonnant qu'elle ait trouvé le loyer si peu cher, même pour un taudis pareil, et pourquoi ses voisins l'avaient vaguement saluée en ayant l'air d'avoir pitié pour elle (à moins que ce ne fut à cause de cet horrible pull-over informe gris qu'elle portait.)

"Bah voilà, c'est super, super ! On réveille les gens à minuit puis on joue les morts ! Ca prend pas avec moi, je m'en fiche que vous soyez les tirants de cet immeuble OK ? Je m'en fiche ! Allez-y ! Sortez et menacez m..."

"Hey, vous pourriez la fermer un peu ? Y'a des gens qui essaient de dormir ici..."

Talula se figea. Lentement, elle se retourna vers celui qui venait d'ouvrir sa porte. Une porte à droite de la sienne, et elle ne l'avait encore jamais vu, mais ça partait très mal...

"Excusez-moi ?"

Elle avait l'air folle, complètement folle. La fatigue, le raz le bol d'écrire sur des carottes, le boucan infernal, tant qu'on aurait crû que ses voisins campaient dans sa piaule... et maintenant ça ? Elle était uniquement vêtue de son sweet qui lui tombait jusqu'aux genoux, complètement échevelés, mais elle s'en foutait.

"Vous pouvez répéter ? C'est à moi que vous parlez ?"

"Qu'est-ce qui se passe chéri ?" demanda d'une voix pâteuse une gazelle brune aux mensurations dignes d'un fucking magasine de mode, avec des cheveux brillant, et qui rendait, en comparaison, Talula aussi attrayante qu'une coquille d’huître.

"Non mais je rêve ! Retourne poser pour Vogue, toi ! En quoi ça te concerne ?! "

"C'est à ma copine que tu parles comme ça ?"


"C'est à tous ceux qui s'en prennent à la mauvaise personne que je parle comme ça ! Je suis la seule à entendre le bruit que font nos voisins TOUS les jours ?! "

"Pour l'instant c'est toi qui fais du bruit, et je dois dire que tu es particulièrement désagréable à entendre" minauda la brune en levant les yeux au ciel.

Oh-
mon-
dieu.

"Dis moi, tu n'aurais pas oublié de te faire vomir dans les toilettes ce matin ?"

"Répète un peu pour voir ?!" Son coq de boyfriend venait de dépasser la porte, alors que sa copine portait une main à sa bouche d'un air choqué.

D'autres locataires, curieux, effrayés, ou irrités (et réveillés) venaient d'ouvrir leur porte à présent. C'était la jungle, le bordel, n'importe quoi. Chose étrange : la seule porte qui restait ostensiblement fermée, c'était celle sur laquelle Talula avait tambouriné quelques secondes plus tôt.
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James Williams

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MessageSujet: Re: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptyDim 16 Déc - 12:49

Le révérend venait de fermer la porte du Holly Angel à double tour. S'en était fini pour aujourd'hui du travail dans ce bar de chrétiens. Il regarda l'heure sur l'écran de son téléphone. Dieu qu'il avait de la chance de pouvoir se lever un peu tard demain matin, sinon la nuit allait lui sembler bien courte. Ha ha Dieu... Il se surprenait à rire intérieurement à chaque fois qu'il employait ce genre de mot. C'est qu'il était entrain de venir un véritable homme d'église ! Depuis le temps... Les mois qu'il avait passé depuis son arrivée à Little Rock avaient filé en un claquement de doigts. Et à présent il était temps de retourner dans son appartement pourris d'un des quartiers modeste de la ville. Ouais... un salaire de curé c'était pas complètement foufou non plus, même avec ce qu'il arrivait à toucher en travaillant au Holly Angel. C'était le gros point noir de son idée de devenir pasteur. M'enfin... Il allait pas s'en plaindre non plus.

Les phrases de la voiture venaient de s'éteindre tandis que la voiture venait tout juste de se garer sur le parking de la résidence. James poussa un soupire en voyant la gueule du bâtiment. Un jour, il penserait à s'installer un lit dans son bureau à l'église... Vraiment. La portière côté conducteur claqua, s'en suivit bientôt celle du hall d'entrée. Un pas après l'autre, il gravissait les marches qui devaient le conduire à son étage. Un peu de sport pour bien finir la journée. Il en profitait pour feuilleter le courrier qu'il avait oublié de prendre la veille. D'un autre côté c'était pas vraiment transcendant, la moitié irait à la poubelle. Tri sélectif n'est-ce pas ? Une vraie âme d'écolo. Ah tiens, ça n'existait pas encore la religion de l'écologie ? Non parce que y avait moyen de monter de belles arnaques avec ça... A méditer si jamais il avait envie de faire une reconversion.

Des éclats de voix arrivèrent bientôt à l'oreille du britannique. Intrigué, il arriva à l'étage où était entrain de se dérouler une scène dont il ignorait encore la nature. Ce n'était pas son étage, mais la curiosité était son vilain défaut préféré. Il passa la tête par la porte de l'escalier qui donnait sur le dit étage en question. La plus part des portes des appartements de ce niveau s'étaient ouvertes sur des locateurs passablement irrités, mais James en ignorait encore la raison. Son corps avait fini par passer complètement la porte pour se retrouver sur le palier avec les autres occupants.

- Révérend, faites quelques choses, murmura une vieille femme à la hauteur de l'homme qui posait sur lui un regard effrayé et fatigué.

James regarda la mamie puis sa tenue. Effectivement, il avait encore oublié d'enlever cette saloperie blanche de son cou, chose qui tranchait avec sa chemise noire. Même un profane aurait compris ce soit là qu'il était homme d'église. Chouette... Curiosité, la prochaine fois tu resteras à l'église, merci.

- Pas d'inquiétude chère madame, rentrez chez vous, le seigneur veille sur nous, répondit-il avec son accent de gentleman anglais.

Putain, c'était formidable comme il arrivait à sortir encore de telles âneries, il était fière de lui. Un sourire bienveillant et un peu mielleux vint s'étirer sur les lèvres de l'Anglais tandis qu'il invitait bien aimablement chacun et chacun à rentrer chez lui tandis qu'il arrivait enfin à la hauteur du problème. Une jeune femme passablement agacée faisait face à un couple qui n'était pas des plus... comment dire... coopératif ? Compréhensif ? Dans une autre vie, James aurait sans doute passé son chemin ou jeté de l'huile sur le feu. Mais il était révérend à présent... Il fallait donc agir en conséquence. Bordel, c'était pas drôle.

- Allons allons, mes enfants, que ce passe-t-il ? demanda James d'une voix paisible et sereine, son sourire toujours pendu aux lèvres. Qu'est-ce qui tourmente vos âmes à une heure si tardive ?

Il avait envie de se frapper pour parler de cette façon, il espérait néanmoins apaiser les tentions. Pas qu'il savait pas se battre, mais on voyait rarement un homme d'église se mettre sur la gueule avec... Il observa le couple sans paraître émettre le moindre jugement à leur encontre... Ouais, une couille molle et une pute. Bah, il avait la police et des témoins de son côté si jamais les choses venaient à mal tourner, du coup il était pas trop inquiet.
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Talula Jones

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MessageSujet: Re: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptyMar 25 Déc - 13:28


Elle était prête Talula. Du haut de sa taille menue, noyée dans son sweat gris moche si bien qu'elle nageait dedans, littéralement, puisqu'elle virait presque dans le rôle de celle qui allait faire la brasse en gesticulant à tout va devant l'idiot "allez viens ! viens te battre couille molle ! Montre-moi que tu es un homme qui ose se mesurer à une femme !" et décrédibiliser à jamais son image, déjà que ce n'était pas fameux... Mais là, là, un homme de foi s'en mêla. Etait-ce si loufoque de penser qu'une telle scène était... totalement improbable ? Imaginez. Vivre dans un taudis pareil, entouré de cassos de la sorte, un melting-pot de locataires qui n'avaient pas choisi ces appartements pour son papier peint mainstream ou la grosseur de ses cafards. Ils n'avaient que leurs moyens pour ne pas se donner le choix. Et dans ce genre d'univers, quel genre de révérant vivrait là ? De l'avis de Talula, aucun homme de foi ne pourrait supporter de vivre ici, où les "va te faire foutre" lancés par la fenêtre étaient les "bonjour" quotidiens du quartier.
Bien sûr, à une heure du mat', et vu l'intelligence sans borne du voisin d'à côté, elle ne fut même pas surprise qu'il rétorque.

— Pardon ? Mais t'es qui toi comme genre de guignol ? J'suis pas ton enfant espèce de pédophile à la con !

Puis, d'un geste vif, il repoussa le pseudo prêtre sur le côté , ce qui arracha, manifestement, un cri outré de la part de la vieille, comme si c'était Jesus en personne qu'on avait osé toucher.

— Retourne prêcher ta parole aux bourgeois qui te servent de clients !

— Chéri, je crois qu'on devrait rentrer... La nana du gonze semblait, au moins, un peu plus lucide sur la situation. Et alors, à ce moment précis, sous les gestes imprécis de l'homme et sa nouvelle proximité, maintenant qu'il avait pu pousser sur le côté l'homme et s'approcher de Talula, elle comprit quelque chose.

— Vous êtes saoul... murmura-t-elle avec affliction. Elle se demandait même comment elle avait pu ne pas le voir avant.

— Chéri...

— Tu la fermes Vanessa ! Retourne dormir et mais ferme-là !

Talula resta interdite. Elle lança un bref regard au révérant, dont le discours précédent avait été aussi efficace que s'il avait soufflé sur un départ d'incendie. Au moins, c'eut le don de noyer toute la colère de Talula. Elle resta les bras le long du corps, un corps à l'allure quasi enfantine dans ce sweat tombant jusqu'à ses genoux.

— Retournez vous coucher, c'est inutile tout ça... vraiment inutile..qu'elle souffla, circonspecte en se rendant compte à quel point elle avait été d'une bêtise misérable, de ne pas le voir plus tôt. L'autre cligna des yeux, éberlué par son soudain revirement de comportement.

— Tu plaisantes ?!

Elle hocha de la tête, devenue lasse.

— Non... Rentrez chez vous, vous aussi révérant...

— TU PLAISANTES ! Elle recula alors que l'homme saoul s’époumonait.

— Tu réveilles ma copine, tu l'insultes et là, maintenant que j'suis devant toi, tu te chies dessus ?! Elle est passée où ta grosse gueule, HEIN ? Alors excuse-toi maintenant ! Excuse-toi !

Talula fronça des sourcils. Elle n'arrivait pas à identifier pourquoi elle n'avait pas peur, mais c'était clairement autre chose, pas de la peur, non, autre chose, qui l'agitait maintenant... une sorte de découragement envers elle-même. Pousser à bout un homme bourré, punaise, elle se savait bête, mais pas à ce point...

— Je retourne dans mon appartement... murmura-t-elle en se retournant, sans plus le regarder
— NON ! Tu vas nulle part avant de t'être excusée !!! HEY !!!
— J'ai dit je rentre...

Sa main sur la poignet fut stoppée net par le mouvement de l'autre. La copine, et la vieille dame du dessus qui, depuis l'escalier, avait manifestement pu voir ce que Talula n'avait même pas redouté, crièrent à l’unisson. Un coup de poing s'abattit violemment contre sa tempe. Elle sentit son crâne sonner comme si son cerveau avait remué à l'intérieur. La douleur fut telle qu'elle tomba, devenue comme sourde et aveugle.







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James Williams

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MessageSujet: Re: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptyLun 7 Jan - 11:36

Autre temps, autres mœurs ? Si James avait la parfaite allure du révérend, il n'en restait pas moins un truand. Alors même s'il se faisait mal mener par cette espèce de fumier américain qui puait l'alcool bon marché, qui lui conseillait de retourner prêcher la bonne parole, le britannique voyait bien qu'il allait devoir user d'une toute autre méthode que seulement proposer une minute de silence pour prier Dieu. Heureusement pour lui, le mur l'avait rattrapé, tout au moins l'avait empêcher de partir trop loin de la zone de conflit. Alors il ne manqua pas une miette de ce qui passa ensuite. La demoiselle au sweat trop grand avait remarqué elle aussi que leur interlocuteur d'un soir avait eu la main lourde sur la bouteille. En même temps il devait avoir une vie assez pathétique, un boulot payé au lance pierre et des prêts à rembourser à la banque. Alors l'alcool... C'était pas vraiment étonnant. Bon après en Angleterre c'était pas mieux, y avait quand même beaucoup de gens dépressifs, accrocs à l'alcool, à la drogue et aux putes... et aux combats de rue illégaux. James en savait quelque chose, il avait été dans le business ! Très lucratif cela dit en passant.

La scène qui s'en suivis lui rappelait vaguement l'époque où il vivait encore à Londres. Finalement, même outre Atlantique ça restait assez pitoyable. Mais comme il avait une haine viscérale des américains, James les trouvait encore plus pathétiques que ses compatriotes. Sans doute à cause de l'accent, les gens d'ici passaient pour des gros veaux. Encore qu'un veau au moins c'était mignon et on pouvait le manger. Il avait une utilité pour la chaîne alimentaire.

Retournez vous coucher, c'est inutile tout ça... vraiment inutile..

La demoiselle invitait le révérend à rentrer chez lui tandis qu'il finissait de remettre sa veste en place. L'autre continuait de s'exciter comme si il était le Pape et qu'on l'avait déshonoré. Alors papy Borgia il allait se calmer tout de suite, parce que s'était pas la garde pontifical qui allait sauvé son sale cul de blanc.

Tu réveilles ma copine, tu l'insultes et là, maintenant que j'suis devant toi, tu te chies dessus ?! Elle est passée où ta grosse gueule, HEIN ? Alors excuse-toi maintenant ! Excuse-toi !

Malgré la tentative de fuite de la jeune femme, parce qu'il fallait appeler un chien un chien, même si elle ne courait pas ça restait une fuite quand même, l'autre avait bien la ferme intention d'avoir des excuses. Non, définitivement ce type n'était pas un Borgia. Un Orsini ou un Sforza tout au plus, mais pas un Borgia. Chouette, James allait pouvoir jouer les Cesare Borgia. Pardonnez pour autant de références historiques, mais pour une fois qu'il retenait quelque chose à l'histoire... Mais ce mec là... Ce mec là avait inspiré Machiavel et l'Histoire se souvenait de lui comme d'un des hommes les plus terribles qu'avait pu connaître l'Europe de la renaissance.

James attrapa le gros connard d'amerlock de merde par les épaules alors même qu'il venait de filer une patate à la jeune femme. « Putain toi mon con, je vais pas te rater, j'vais te défoncer » pensa-t-il tandis que sur son visage se lisait bien plus guerrière que lors de ses paroles de révérend. Il commença par lui filer un coup de tête histoire d'être sûr de lui péter l'arrête du nez. Toujours très méthodique, pendant que l'autre hurlait qu'il lui avais casser le nez et que le sang coulait déjà, il lui donna un coup de genou dans les couilles afin de le faire redescendre d'un étage. Il ne tarda pas à tomber à genoux devant James. Bien... Restait plus qu'à le finir. S'il avait vraiment été un Borgia, il lui aurait planter une dague entre les deux yeux, malheureusement pour lui et heureusement pour l'autre, il n'en avait pas sous la main. Fallait-il opter pour un étranglement ? pourquoi pas, mais vu la bête s'était pas sûr qu'il arrive à le maîtriser complètement. Réfléchis James, réfléchis... Qu'est-ce qu'il faisait à ses hommes lorsqu'ils étaient dissident ? Couper un doigt ? MAIS PUISQU'ON TE DIT QUE T'AS PAS DE DAGUE ! Fais chier... Bon bah... Genou ! Il saisit la tête de l'homme à de main et BIM coup de genou dans la tête ! K.O ! Comment ça on était pas dans Street Fighter ?

Bon, maintenant, police ou pas police ? Vu les témoins, c'était facile pour lui de plaider la légitime défense. Et puis il était homme d'église, il connaissait la plus part des flics de la ville qui fréquentait sa paroisse. Non, franchement c'était faisable.

- Très chère madame, pourriez vous appeler la police je vous prie ? demanda James en s'adressant à la vieille femme.

Après quoi il jeta un regard la dite copine de l'homme assommé sur le sol du couloir de l'immeuble. Il mit son index sur la bouche pour lui signifier de ne pas dire un mot.

- Je vous conseille fermement de quitter ce rustre, il n'est pas fait pour vous, dit-il, et ne me parlez pas d'amour mon enfant, ça ce n'est pas de l'amour.

Après ça, il s'approcha de la jeune femme qui avait fait connaissance avec le sol après avoir reçu le coup. Par réflexion il lui pris le poignet pour sentir son pouls. Bien elle était encore vivante, bon en même temps on mourrait rarement après avoir pris un coup de poing. Il la secoua légèrement pour voir si elle réagissait.

- Mademoiselle, vous m'entendez ?
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Talula Jones

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MessageSujet: Re: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptyMer 16 Jan - 21:59

Plusieurs choses se passèrent de manière plus ou moins simultanée. Parmi elles, Talula se disait que ce n'était pas normal qu'elle ait mal à la tête. Ensuite, il y avait la question de son lit, car elle trouvait que son matelas était devenu vachement inconfortable. Puis très vite, elle discerna dans le noir des bruits et le plus étrange, vraiment étrange... c'était qu'elle ne savait pas à quel moment tout cela se passait : avant son mal de tête, durant, ou après qu'elle n'entente une porte claquer, quelque part...
Dans les vapeurs de son inconscience, elle cerna soudain une voix. Celle-ci s'adressait à elle, lui disait "vous m'entendez?" Bien sûr qu'elle l'entendait, quelle question absurde... Talula aurait bien aimé lui dire qu'il ne servait à rien de poser des questions quand une seule réponse était possible, puisque sinon cela voudrait dire que non, non elle ne l'entendait pas puisqu'elle ne lui aurait pas répondu, or elle était bien certaine de l'avoir entendu, et c'est pourquoi elle voulait lui répondre. Mais elle se rendit alors compte qu'elle n'y arrivait pas. Elle sentit qu'on  la secouait légèrement par les épaules, alors elle souleva ses bras par un effort étrange, entre le surhumain et une sorte de détachement, quand ça en devient si facile qu'on ne se sent plus le faire. Elle s'accrocha à son tour aux épaules de l'inconnu pour se redresser, clignant des yeux en étouffant un juron. La mémoire lui revint d'un coup et zébra son front au point d'amplifier sa douleur à la tête d'un élancement vif.
Alors elle se rappela... reconnut plus ou moins cette voix.

— Le con, il m'a frappée, il l'a fait... murmura-t-elle d'une voix incrédule, clignant des yeux pour essayer de retrouver la vue. Les acouphènes avaient déployé leur sérénade, cymbales comprises. Elle s'efforça d'inspirer, d'expirer, son visage baissé, serrant les épaules de l'homme de peur de sombrer à nouveau. Puis, lorsque le visage de l'homme se dessina entre sa vision encore un peu floue, elle se détacha brusquement de lui comme si elle s'était brûlée.
Règle élémentaire quand on ne savait pas, même si on avait cette sale manie de jurer, ce qu'il pouvait y avoir après la mort : on ne se permettait pas une quelconque proximité avec un homme de Dieu. Elle balbutia de piètres excuses, avant que ses mots restent à moitié en suspend lorsque son regard glissa sur le côté. Le connard était K.O au sol. La vieille du dessus jacassait depuis la porte ouverte de son appartement "Allô la POLICE ?" Et l'homme, le prêtre, le révérant, qu'en savait-elle, la regardait avec un naturel qui semblait dire "eh bien je passais par là voyez-vous, et après ma messe du dimanche je suis allé casser quelques bras, somme toute une fin de semaine convenue."

— C'est vous qui avez ... ? Sans finir sa phrase, Talula rangea machinalement ses cheveux derrière ses oreilles, pas encore d'aplomb pour se lever sans craindre de paraître encore plus ridicule que maintenant. Elle tira sur son sweat qui souffrait déjà de gigantisme pour cacher ses genoux, lui renvoyant un regard incertain avant de passer ses mains sur son visage dans l'espoir vain d'ôter le voile de délire qui lui recouvrait la vue. Mais contre toute attente, ce fut une drôle d'hilarité qui la saisit. La bouche recouverte, riant en silence, elle fixa, incrédule, le prêtre aux allures de Jesus qui faisait manger ses pains dans la gueule des gens. Elle avait dû se recevoir un sacré coup, mais elle trouvait ça juste... drôle. Tellement drôle.  

— Merde alors... je veux dire mince, putain c'est pas vrai... je veux dire flûte, pardon... souffla-t-elle, tâtonnant d'un geste vague le mur pour tâcher de se relever. Elle sentait sa tête tourner, elle, l’infatigable à la langue bien pendue, qu'un seul coup mettait au tapis de façon si grotesque... Il y en avait un autre qui devait bien se marrer à l'heure actuelle, celui là haut, qui avait invoqué cette sorte de rambo des paroisses modernes.

La vieille mégère piailla, sortie au son de sa démarche caractéristique à cause de ses chausses en laine, perchée sur son escalier, que "c'était chose faite ! La police était en chemin !" alors que Talula, pour sa part, s'échinait à retourner en station debout, une paume poliment levée face au prêtre pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas besoin d'aide. La règle élémentaire... toujours en vigueur.

— On fait quoi ? murmura-elle une fois debout. Elle laissa l'arrière de son crâne reposer contre le mur tout en fermant les yeux, adossée juste à côté de sa porte — On va vraiment attendre dans le couloir  qu'ils arrivent ? Super, les flics. Elle qui avait espéré qu'on ne les appelle surtout pas...







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MessageSujet: Re: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptyMer 20 Fév - 12:33

Un sourire bienveillant s'étira sur les lèvres de James lorsque la jeune femme revint enfin dans le monde réel. Certainement qu'elle n'avait pas l'habitude de se prendre des coups de poing en pleine pomme, c'était plutôt une évidence de ce côté là. Et puis l'autre était bien loin d'avoir la carrure d'un jockey, alors fatalement ça tapait fort. Elle lui demanda alors si c'était lui qui avait mis K.O l'espèce de gros lourdaud, qui était à présent vautré par terre. Ouais, j'aurai largement pu le tuer, mais même un homme d'église n'a pas toutes les immunités face à la police, pensa-t-il sans rien en laisser paraître. Ah c'est sûr que Jésus aurait pas fait ça à l'armée romaine ! Enfin il était quand même a la tête d'une religion de gros connards. Comme il se plaisait à le dire, la religion était le cancer du monde.

La jeune femme amusa le britannique, après avoir ris en silence, se cachant derrière ses mains, elle tentait tant bien que mal de contenir son vocabulaire pour parler correctement au révérend. C'était touchant même. Si elle savait... il devait être encore plus vulgaire qu'elle au quotidien, quand il n'enfilait pas sa tenue de prêtre protestant. Il se retourna brièvement lorsque la vieille femme les informa que la police était en chemin. Une bonne chose de faite, pour une fois, c'était pas lui qu'on allait arrêter. Il se redressa tandis que la jeune femme restait adosser au mur... Ah non, elle tentait de retrouver une posture debout. Elle était majeur et vaccinée, si elle se sentait apte à se lever, c'était pas James qui allait lui dire de rester par terre.

- On va commencer par aller vous mettre de la glace sur le visage, dit-il en scrutant la zone que le rustre avait touché, si on ne fait rien ça risque de pas être beau à voir d'ici demain, et douloureux surtout.

Oh oui, très douloureux. Il en savait quelque chose. Après il n'avait pas non plus envie de se montrer trop cavalier et de s'inviter chez la jeune femme. Pas parce qu'il était révérend que ça lui permettait de faire ce qu'il voulait. Enfin déjà, il était entrain de venir en aide à quelqu'un, ce n'était pas très courant chez lui, ou alors il avait au moins un service à demander. Non, là c'était purement gratuit ! Son métier commençait à véritablement détendre sur lui. C'était pas bon, pas bon du tout !

- On verra après pour la police, de toute façon ils vont avoir besoin de nos témoignages, alors un peu de chance, l'autre idiot va passer la nuit dans une cellule.
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Talula Jones

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Emploi/loisirs : chroniqueuse d'un journal qu'il n'est pas très important de nommer...

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MessageSujet: Re: Orange culinaire (PV)   Orange culinaire (PV) EmptyDim 10 Mar - 10:22


Adossée contre la porte, elle ouvrit un oeil grimaçant en l'écoutant.
"Mettre de la glace"
Dubitative, elle resta silencieuse à le regarder. Comment expliquer... ce n'était pas exactement ce à quoi elle se serait attendue de la part d'un révérant. On aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie : appeler des flics, mettre de la glace sur des blessures. Mais un prêtre ne faisait pas ça... d’accord ? Il ne faisait pas ça.
Ravalant un juron, elle avait déjà fort à faire avec son crâne lancinant qui n'avait aucune envie de la laisser réfléchir convenablement. Journaliste, c'était ce qui la définissait : étayer des conclusions, farfouiller dans les malles poussiéreuses que cachaient les individus, dans un coin de leur conscience, pour capter des détails, des souvenirs, des preuves. Mais avec une douleur pareille qui s'échinait à battre de la mesure en rythme avec son pouls, elle n'arrivait à rien.
Dans un grognement de dépit, elle jeta un dernier coup d'oeil au mec affalé par terre, puis l'invita d'un geste tandis qu'elle se rabatta sur la poignet de son appartement.

— Venez... Le moins que je puisse faire, qu'elle grommela à contre coeur. Dieu ne l'avait pas dans ses petits papiers, il fallait mieux que, lors d'une rare fois où il lui envoyait un de ses émissaires pour éclater la tronche d'un connard, elle n'aille pas lui fermer la porte au nez.

— Vous voulez du café ? souffla-t-elle, trébuchant contre une de ses baskets laissées au milieu. Elle envoya cette dernière bouler dans un coin sans se formaliser. Son minuscule  appartement était vieux, miteux, à moitié soigné, à moitié délaissé par des multitudes de coupures de journaux sur la table basse de son salon. De pauvres, moches, impairs gris ou kaki se lénifiaient sur un porte manteau dont le bois tordu ressemblait plus à un tronc desséché ayant rendu l'âme. La cuisine ouverte, juste en face du salon, était composé d'un seul plan de travail en bois, du chêne, du liège ou un autre rondin de bois qui gonflait au contact de l'eau, Talula n'en savait rien, et les bocaux transparents plein de farines, pâtes, lentilles, céréales, s'alignaient en ligne pas très droite sur le rebord de la fenêtre.  La seule chose un tant soit peu agréable dans ce vieil endroit, c'était sa lampe haute sur pied à côté du frigo vert : elle offrait une lumière chaude qui ressemblait à celle des cheminées de vieille maison -du moins, de l'avis de Talula, car les visiteurs qui avaient foulé son appartement n'avaient pas toujours partagé son avis.

D'une démarche un peu zigzagante, Talula attrapa son paquet de clope délaissée sur le micro-onde. Les sourcils froncés, elle rajouta de l'eau dans la cafetière... le café y était déjà. Un bref coup d'oeil vers le révérant resté debout l'informa de son erreur.

— Merde.... euh, désolée.  Elle avait fait de la place dans le salon pour descendre son pauvre lit escamotable. Du coup, son canapé et ses fauteuils avaient été rangés sur le côté. Il restait les tabourets du bar qui délimitaient la cuisine du salon, sur lesquels il aurait pu s'asseoir. Mais Talula, à sa propre surprise, s’embourba dans la gêne... Evitant son regard, elle marmonna encore quelques excuses, avant de remonter le lit, sa clope au bec, pour qu'il s'encastre dans le mur.  

— A une heure du mat, on s'attend pas trop à recevoir la visite d'un révérant se justifia-t-elle, massant sa nuque par dépit. Elle resta un instant à l'observer. C'était quelque chose... d'avoir un révérant charmant, super bien coiffé malgré l'heure tardive, muni d'une nonchalance de mec habitué à foutre des pains aux méchants messieurs, et qui trônait face à elle, dans son pauvre F1 en fin de vie.

— Je... reviens-mettre-un'pantalon qu'elle expliqua précipitamment. Elle avait encore l'impression de rêver. La nuit, le coup de poing, sa présence dans cette ville loufoque, son frère, ce révérant... trop de choses.

— Installez-vous euh... le temps que... je reviens.

Le dos raide, Talula passa devant lui. Elle trébucha au passage sur la seconde chaussure - parce que bien sûr, les chaussures allaient toujours par paire- avant de s'enfermer dans la minuscule pièce faisant office de cagibis et de bureau, et accessoirement de penderie. S'adossant un instant contre la porte fermée, elle soupira, les yeux fermés. Elle avait envie de se taper le crâne contre la porte. Pourquoi...
Pourquoi fallait-il, toujours, qu'elle soit abonnée au ridicule ? Pourquoi ne pouvait-elle pas garder ce panache comme l'avait toutes les femmes de série télévisée ?

L'esprit rageur, elle attrapa un pantalon au pif -qu'elle faillit brûler au moment de l'enfiler parce que sa clope à la bouche, voilà - et décida de garder son sweatshirt super long, parce que niveau manque de goût... elle n'était plus à ça près.
Une fois revenue dans le salon, elle alla attraper deux tasses dans les tiroirs en fer à côté de la fenêtre du plan de travail. Sa tête lui faisait souffrir le martyr, et elle devait avouer qu'elle avait de plus en plus de mal à voir ce qu'elle faisait. 







Le ciel seul offrait un peu de variété. Même lorsqu'il formait une parfaite unité bleue, pure toile de fond, scène vide, on sentait bien que les nuages patientaient en coulisse au-delà de l'horizon
Jean Echenoz
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