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 Droit de réponse [PV Talula]

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Messages : 51
Arrivée sur HC : 02/09/2018

MessageSujet: Droit de réponse [PV Talula]   Sam 8 Déc - 19:39
Cezar Schneider
Talula Jones
Droit de réponse
La mairie. L'hôtel de ville. Le centre administrativo-politico-économique par lequel passaient absolument toutes les démarches d'absolument tous les insatisfaits. Naturellement, c'était l'endroit parfait pour les créatures de l'espèce de Cezar Schneider, éternellement et intrinsèquement insatisfaites.

La porte du bureau des plaintes se ferma d'ailleurs d'un coup sec dans le dos du gangster qui, dépité, regarda la feuille qu'il tenait entre les mains. La feuille lui rendit son regard désabusé, et ce fut presque s'il la voyait elle aussi hausser les épaules.

— Congédié par un vulgaire fonctionnaire américain. J'aurai vraiment tout vu, dans cette vie.

Avec son boitement caractéristique, Cezar commença à redescendre lentement le couloir de l'institution, serrant le bout de papier entre ses doigts. Il avait une réclamation à faire, par conséquent se rendre au bureau des réclamations lui avait paru la chose la plus naturelle à faire. Pourtant non, apparemment. C'était du moins ce que lui avait fait comprendre le préposé au bureau des plaintes.

Non, on ne vient pas à la mairie pour se plaindre de la présence d'un génie du mal en ville. Non, cela ne se faisait pas. On pouvait venir se plaindre de tout mais pas d'un génie du mal. Des Mexicains, des migrants, des taxes, des foutus gilets foutument jaunes qui s'étaient perdus dans l'Arkansas alors qu'ils étaient en route pour bloquer un péage français, mais pas du Faucheur. Toutefois il semblait à Cezar qu'un Faucheur à Little Spring était autrement plus gênant à court, moyen, et long terme qu'un Mexicain, un migrant, une taxe, ou un gilet d'une couleur quelconque qui s'était perdu en route.

Les grands-mères et les grands-pères dormaient-ils sereinement en sachant qu'un vilain Faucheur maléfique menaçait leurs retraites ?

Les chômeurs cherchaient-ils un emploi paisiblement en sachant qu'un abominable Faucheur diabolique complotait contre leurs allocations ?

Les fonctionnaires glandaient-ils librement en sachant qu'un horrible Faucheur machiavélique projetait de les mettre au travail ?

Manifestement, la réponse était oui aux trois questions d'après le préposé au bureau des plaintes. Magnifique. Mirifique. Splendide.

Cezar atteignit le hall principal de l'hôtel de ville et alla s'asseoir sur une chaise dans un recoin qui devait faire office de salle d'attente.

D'accord, peut-être n'avait-il pas requis l'attention de la bonne personne. Après tout, c'était moins une réclamation/plainte qu'une demande à un droit de réponse. La dernière lettre du Faucheur, estimait-il, méritait un erratum massif, et il désirait le lui signaler.

Mais voilà.

Par qui le lui signaler ? Il savait de source à peu près sûre que le Faucheur avait des contacts partout (autrement comment pouvait-il bien procéder pour faire ce qu'il était le seul à avoir le temps/l'envie de faire ? Par Mexicain interposé ? Par migrant équipé de radar ? Par un gilet jaune en vadrouille dans un pays qui n'était pas le sien ?), alors s'orienter vers la mairie lui avait paru l'option la plus sensée de toutes.

Mauvaise pioche, apparemment.

Cezar relit à nouveau, pour peut-être la six-centième fois, la lettre qu'il avait écrite. Il était triste d'avoir pris tout ce temps à rédiger un mot qui, au final ne serait publié nulle part. Triste d'avoir autant perdu de temps. Triste d'avoir gâché un temps précieux, un temps qu'il aurait pu employer à traquer Rachel Newman pour… discuter avec elle.

Il eut une nouvelle idée.

Peut-être pouvait-il photocopier le mot et le placarder dans toute la ville. Absolument toute la ville. Intégralement toute la ville. Même sur les pigeons !

Non, pas les pigeons, on ne faisait pas de mal aux pigeons. Sur les petites vieilles qui nourrissaient les pigeons !

Cezar se releva avec difficulté, et boita sur quelques mètres.

— Photocopieuse, me voilà. Je n'ai pas passé tout ce temps à écrire ma réponse pour me voir nier mes droits de façon si cavalière.

Il se figea.

— Est-ce que j'ai un droit de réponse, au moins, dans ce pays insoumis ?

Peut-être était-ce la première question qu'il aurait dû se poser avant d'écrire sa lettre.
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navy
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Emploi/loisirs : chroniqueuse d'un journal qu'il n'est pas très important de nommer...

MessageSujet: Re: Droit de réponse [PV Talula]   Dim 9 Déc - 18:20


Rien n'allait plus.
Samathan (sa patronne) l'avait appelée tôt le matin.

"Ecoute, je dois te parler"

Talula n'avait pas aimé ça. Elle avait choisi le t-shirt le moins froissé qu'elle avait pu trouver, puis avait pris le premier taxi et s'était présentée à 9h24.

Elle avait attendu, jusqu'à 9h28, approxima, que le bureau daigne s'ouvrir sur les deux personnes qui se trouvaient à l'intérieur.
Samatha, bien sûr, et un homme qu'elle n'avait jamais vu de sa vie. Il était à moitié chauve, correspondait vraiment peu à l'idée qu'on se ferait des lecteurs du journal, raison pour laquelle elle s’efforça de bien garder sa bouche fermée et de ne pas paraître ébahie quand Samatha lui dit, une fois qu'elle serra la main à l'homme, "Je te présente Arthur Lindrel, co-directeur de la revue"

Elle ne put s'empêcher de poser son regard sur le haut de son crâne en se sentant très mal à l'aise : une semaine avant, elle avait rédigé un article sur les soucis liés à la calvitie.

"Directeur de publication, et co-propriétaire du magazine" jugea-t-il bon de souligner. Talula se mordit la joue pour ne pas éclater de rire.
Alors c'était ça, la raison qui poussait maintenant Samatha à ronger ses oncles manucurés ? Ce n'était pas elle, la big boss, au final ?
A croire que c'était vrai : les petits chiens aboyaient toujours plus que les gros.

- - - - - -

Re-ma-nie-ment.

Est-ce qu'elle était virée ?
Non.

Est-ce qu'elle aurait préféré que ce soit le cas ?
Elle ne savait pas, plus trop. Le journal allait mal, d'accord, il ne fallait pas sortir de St Cyr pour le deviner... "les dix astuces pour larguer son copain", on avait donné mieux comme sujet. Et Talula n'avait jamais souhaité se farcir le rôle de l'érudit diplômé de science-po, mais au moins, poussée par une ultime bouffée d'estime d'elle-même, s'était-elle dit qu'on pourrait l'apprécier pour son expérience passée.
Le problème était que Batesville n'était pas l'adage des berceaux à grands succès... traduction dans le jargon de Talula : être une journaliste dans un coin paumé, ça craint.

Cet Arthur était un homme d'affaires qui s’intéressait autant à l'Arkansas qu'à la cause des ours polaires dans le monde. Il venait de New-York, investissait dans ce qu'il jugeait lui rapporter. D'après ses dires, il offrait des fonds aux journaux émergents. De l'avis de Talula, il adorait les politiques de la délocalisation et de l'exploitation de l'être humain.
"Je veux donner une dernière chance au journal, et j'ai remarqué que votre façon d'écrire était plutôt... percutante."

Dans ses périodes de gros raz-le-bol, Talula se vengeait à travers le journal en y rajoutant un humour douteux. Elle avait bien saisi que son style de rédaction ne plaisait pas du tout à Samatha. Elle comprenait, maintenant, que la seule raison pour laquelle elle n'avait pas été virée plus tôt, c'était parce que ce Arthur, là, avait pour sa part apprécié.

Elle n'allait pas cracher sur la main qui la nourrissait... c'est que, franchement, elle vivait sur le fil en ce moment.
Alors elle faisait quoi, maintenant ? Elle écumait tous les endroits où un journal digne d’intérêt pourrait offrir des pistes intéressantes pour un article... qu'il fallait trouver.

Elle avait déjà plein de papiers dans les bras et, piquée par une brève prise de conscience, elle avait jugé qu'il ne serait pas de trop que de photocopier l'unique exemplaire du journal local, vu son don pour perdre les choses.

Mais après plus de 10 minutes à attendre que l'homme devant elle finisse, ce dernier avait, très calmement, appuyé, encore, sur le bouton de la photocopieuse, pour relancer des copies...
Elle commençait sérieusement à sentir le poids des pages entre ses bras, et l'homme paraissait très méticuleux, très calme, très à même de rester toute l'après midi entière pour se composer ce qui semblait être le volume III de l'encyclopédie.

— Vous en avez encore pour longtemps ? étouffa-t-elle derrière sa propre pile de feuilles en équilibre.

Bonjour, excusez-moi ?
Des concepts nébuleux.

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