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 Tuer le patient [PV Rachel]

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Cezar Schneider

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MessageSujet: Tuer le patient [PV Rachel]   Tuer le patient [PV Rachel] EmptyJeu 20 Déc - 18:32
Cezar Schneider
Rachel Newman
Tuer le patient
S'il y avait bien une chose que Cezar Schneider ne pouvait reprocher à la petite ville de Little Rock, c'était le goût artistique du curateur du musée. Cela, et le taux de criminalité impressionnant qui aurait fait pâlir n'importe quel gangster endurci outremer. Mais c'était présentement le premier qui avait attiré Cezar dans le musée, aujourd'hui.

Une exposition sur Francis Bacon, le peintre de l'une des œuvres favorites du truand. Étude d'après le portrait du pape Innocent X par Velázquez. Bizarrement, ce tableau d'1m50 sur 1m20 inspirait à Cezar d'innombrables citations de Francis Bacon, le philosophe. Environ trois cents ans séparaient Francis Bacon de Francis Bacon, pourtant Francis Bacon et Francis Bacon étaient étrangement liés, autrement que par la coïncidence patronymique qui provoquait une infâme confusion sur Wikipédia.

Ainsi Francis Bacon faisait ressurgir des phrases couchées sur le papier par Francis Bacon, comme :

"Toute beauté remarquable a quelque bizarrerie dans ses proportions."

"La superstition est à la religion ce que le singe est à l'homme."

"La vengeance est une justice sauvage."

"Celui qui rend violence pour violence ne viole que la loi, et non l'homme."

"L'art, c'est l'homme ajouté à la nature."

"La peinture ne saisira le mystère de la réalité que si le peintre ne sait pas comment s'y prendre."

"C'est la meilleure part de la beauté que celle qu'un tableau ne peut exprimer."

"Dans le noir, toutes les couleurs s'accordent."

Et enfin, la préférée de Cezar, quoique convenue et banalement classique :

"Le vrai pouvoir, c'est la connaissance."


La collection de Francis Bacon que Cezar goûtait actuellement était en fait un prêt temporaire de la part du centre d'art de Des Moines, et c'était une chose heureuse car cela lui servait de prétexte idéal pour avoir une petite discussion en terrain neutre avec Miss Rachel Newman.

Il lui avait écrit une petite lettre attentionnée, qu'il avait même parfumée, la conviant à le retrouver ici, aujourd'hui et en cette heure. Il avait ensuite photocopié le mot (avec la photocopieuse de la mairie qu'il connaissait intimement, désormais) et l'avait donné à d'innombrables sans-abris, sachant pertinemment qu'ils constituaient le meilleur réseau d'information de toute la ville, et ce à moindre coût, leur donnant comme consigne de transmettre le pli à Miss Newman.

Cette missive, Cezar l'avait écrite exactement comme si le Faucheur s'adressait à son Monsieur Pantoufle favori. Miss Newman tremblait face à la simple conceptualisation du Faucheur, alors Cezar avait trouvé… approprié de la convier à son rendez-vous en lui faisant croire que c'était le Faucheur qui le lui ordonnait. Après tout, Miss Newman avait cette propension insensée à agir stupidement dès qu'il s'agissait du Faucheur. Imiter le style ampoulé du Faucheur n'avait pas été ardu. Mal l'imiter, en revanche… mais Miss Newman était stupide, il fallait bien lui donner un coup de pouce pour qu'elle comprenne que quelque chose clochait avec la lettre. Cezar espérait juste ne pas avoir fait trop de fautes d'orthographe, ce n'était pas un domaine dans lequel il excellait.

Ah, Rachel Newman. Tu m'avais manqué, le savais-tu ? Cela faisait un moment que je ne m'étais pas autant amusé, à te voir suivre mon petit jeu comme un rat de laboratoire dans un labyrinthe. Tu as été bien sage et bien soumise, contrairement à certains électrons libres qui se sont crus plus malins que les autres.

J'ai beaucoup aimé le moment où tu as ruiné ton secret et dévoilé ta relation avec Andrew Stewart aux yeux de tous ! Et sous la lentille des caméras de surcroît ! Délicieux moment de vulnérabilité.

Pourquoi je t'écris ce petit mot, Rachel ? Parce que tu me divertis, avec excellence, je dois l'avouer ! Je te convie au musée pour un petit entretien avec une personne choisie au hasard parmis celles qui se sont retrouvées sur ton radeau d'infortune récemment.

Quoi ? Tu pensais que cette manche du jeu était fini ? Mais ce n'était qu'une mise en bouche, ma petite menteuse favorite ! C'est l'occasion pour toi de déverser tout ce que tu as sur ton cœur ! De te libérer ! Après tout ce n'est pas moi qui le ferai.

Dépêche-toi, petit poisson.

Si tu ne la saisis pas, ta chance va bientôt passer.


Si avec cela, elle ne venait pas, Cezar ignorait ce qui pourrait bien l'attirer…
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Rachel Newman

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MessageSujet: Re: Tuer le patient [PV Rachel]   Tuer le patient [PV Rachel] EmptyVen 21 Déc - 12:27



Tuer le patient



Rachel Newman - Cezar Schneider

Date ?


Beau soleil aujourd’hui, belle température. Je me remet à peine de mes émotions suite à ce qui s’est passé. Miss Roseberry. Je n’avais rien contre elle. Ça me fait de la peine que le Faucheur utilise ses sbires comme appât de cette façon. Elle était docile, elle, il me semble. Que deviendra l’Hôte ? S’il devait lui arriver malheur, je n’ose pas imaginer ce qu’il adviendra d’April. D’ailleurs, elle me manque. Il y a ce froid entre elle et moi depuis Halloween et… enfin, on a le droit d’avoir une opinion différente, je n’ai seulement pas saisis pourquoi elle avait changé aussi radicalement. Normalement, elle ne défie pas le Faucheur. Elle fait comme tout le reste du monde. Et j’ai eu peur pour elle. On a vu ceux qui défient le Faucheur disparaître, ou en payer les conséquences. Je n’ai pas envie de la perdre. Capucine à disparu, je n’ai pas envie de la perdre aussi.

Je suis en route vers le marché. J’ai quelques trucs à acheter pour le repas de ce soir, mais aussi pour Noël qui va arriver très vite. On a décidé cette année de célébrer intimement, Dylan, Andrew et moi. J’ai expliqué à mon père qu’on voulait prendre congé des fêtes cette année, et il a bien compris. Après les événements de l’année dernière, c’était à prévoir. On va être bien, les trois devant la télé à enchaîner les films de Noël, sous un plaid. Je n’ai pas besoin de plus. J’ai déjà eu le plus beau cadeau aussi : Mon fils est revenu vivre à la maison, à mon plus grand bonheur. Ça me fait tellement de bien de l’avoir près de moi à nouveau, et l’angoisse que son père lui fasse du mal ne plane plus au-dessus de ma tête.

Bon. Dylan ne va pas bien par contre. Le jeu d’Halloween a laissé ses traces sur lui. Il mange à peine, ne parle presque pas. Ça a été difficile de le convaincre de sortir de la maison aujourd’hui, quand son amie l’a appelé. Elle essaie tellement fort de l’aider à se sentir mieux, et je sais qu’il a besoin de changer d’air un peu, au lieu de rester cloîtré dans sa chambre. Je suis contente qu’il soit sortit, bien qu’avec mon plâtre, je n’aurais pas dit non à un peu d’aide. Mais c’était mieux comme ça…

Oui, c’était mieux, parce que je préférais recevoir cette note seule. C’est en arrivant à l’épicerie que j’ai entendu mon nom sur les lèvres d’un sans-abri qui remettait des feuilles aux passants. Il m’en a donné une et si déjà on connaissait mon nom et mon visage à cause du Faucheur, je n’aimais pas que ce sans-abri donne ce message à tout le monde. Il allait en donner un à quelqu’un d’autre quand j’ai posé ma main sur son bras pour l’empêcher. « Ça va, Rachel Newman a eu le message, merci. » Je m’en vais ensuite, lisant la feuille. Au lieu d’entrer faire mes courses, je retourne dans la voiture et relis le message, encore et encore. Bientôt, je m’aperçois que je tiens mon téléphone dans mes mains. J’ai l’intention d’appeler qui ? Ce serait logique que je prévienne Andrew. Mais… J’en sais rien, quelque chose me dit que c’est mieux de ne pas le faire. Il m’interdira d’y aller, ce qui est parfaitement normal. Mais quelque chose me travaille. Les mots… Je ne suis pas certaine que cette lettre soit légitime. Je me surprend alors à appeler quelqu’un d’autre. « Jules… Je suis contente que tu répondes. Je… Je crois que j’ai un problème. » Je lui explique alors ce qui vient de se passer, et je lui lis la lettre.

Le Faucheur a déjà menacé de faire du mal à mon fils, alors que la lettre soit de lui ou pas, je ne suis pas en position de ne pas me présenter à ce rendez-vous. Et bien que la meilleure chose à faire serait de me rendre directement au FBI avec cette lettre, je décide malgré moi de prendre le risque. Je n’ai pas l’âme d’une héroïne. Je suis terrifiée. J’aurais aimé que Jules me dise au bout du combiné que j’étais celui que je devais rencontrer, après tout, le Faucheur aurait très bien pu jouer sur notre relation pour faire croire que je joue dans le dos d’Andrew, et surtout, lui dans celui de sa femme. Mais non. Il me dit seulement de faire attention, et me promet qu’il sera dans les alentours pour veiller sur moi. Et ça me rassure.

Du moins, ça me rassure jusqu’à ce que j’arrive au point de rendez-vous. Je me suis promenée de salles en salles au musée en me disant que je reconnaîtrais certainement mon rendez-vous, mais j’aurais préféré que ce ne soit pas lui. La cheville encore dans un plâtre de marche, je ne pouvais pas me sauver. Je fige tout de même à quelques mètres de lui, le visage soudainement plus pâle qu’il ne l’est déjà. C’était un piège. Je vais mourir. Je me sens paniquer de l’intérieur, et après l’avoir regardé quelques secondes, je regarde autour de moi en espérant y voir la trace de Jules.

Il n’est pas là. Je ne le vois pas…

Je me met alors à reculer, et mon dos percute un inconnu. « Oh, pardon. » Pas de chance, je viens d’attirer l’attention. Mes yeux se portent à l’anglais qui m’attend. Mon dieu, j’aurais dû prévenir Andrew.




- fiche par anouk - N.1 - 24h - 909 mots








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Dernière édition par Rachel Newman le Lun 14 Jan - 23:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tuer le patient [PV Rachel]   Tuer le patient [PV Rachel] EmptyJeu 10 Jan - 15:58
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— Oh, pardon.

Cezar pivota de moitié. Miss Newman était là, elle venait manifestement de percuter un visiteur qui admirait une autre œuvre, l'Étude pour une Corrida, en cherchant à se faufiler à l'insu du gangster. Ce dernier sourit, ses lèvres s'écartant autour de ses dents blanches à la façon de ce que Joseph Kessel aurait qualifié de "rictus de loup".

— Miss Newman ! s'exclama-t-il. Je ne m'attendais pas à vous voir ici ! Enfin, si, mais je ne vous attendais pas si tôt.

Il se déplaça dans la direction de Rachel en boîtant, lui passa une main dans le dos, et la força à l'accompagner devant l'Étude d'après le portrait du pape Innocent X par Velázquez.

— Surtout, lui glissa-t-il à l'oreille, je ne vous attendais pas si seule. Je pensais que vous seriez venue accompagnée au moins de… comment le Faucheur l'appelle-t-il, déjà ? Andy, Andrew ? J'étais très impatient de le rencontrer. C'est… c'est dommage.

Cezar laissa échapper un petit ricanement et donna une tape dans le dos de Rachel.

— Ou alors vous êtes accompagnée mais vous avez signalé à votre compagnon de n'intervenir qu'en cas de danger immédiat.

Sans se départir de son rictus, il approcha subitement son visage de celui de Rachel jusqu'à ce qu'ils ne soient séparés que de quelques centimètres.

— Dans ce cas, ils n'auront pas à s'en faire. Vous comme moi savons que le seul danger qui existe dans cette ville, c'est le Faucheur. N'est-ce pas ?

Il lui tapota amicalement la joue, et se tourna vers le grand tableau en enfonçant les mains dans les poches de son manteau.

— Êtes-vous sensible à l'art, mon amie ? L'art véritable, je veux dire. Pas ces bêtises musicales que l'on entend à la radio, non, je parle de sculpture, je parle de peinture, je parle d'œuvres réfléchies et passionnées. Les œuvres qui émeuvent, qui vous parlent malgré leur manque flagrant de cordes vocales. Prenez ce tableau, tiens, par exemple. L'étude d'après le portrait du pape Innocent X par Velázquez, de Bacon. Il me parle. Malgré son absence flagrante de cordes vocales. Regardez le pape crier de désespoir, en vain, comme s'il était étouffé par le noir qui l'entoure, prisonnier à jamais de sa cage. Il nous appelle à l'aide mais on ne peut rien faire pour l'aider. Un peu comme notre amie commune Eileen Galvin, vous ne trouvez pas ?

Cezar posa sa main sur l'épaule de Rachel.

— Vous vous souvenez ? Eileen confinée dans cet aquarium géant qui se remplissait d'eau. Comment s'est-elle retrouvée dans une telle galère, déjà ? Mmh… ah, je crois que c'est parce que vous pressiez pour aller de l'avant. Oui, ça doit avoir un lien avec ça. Oh, j'ai trouvé une meilleure analogie ! Miss Roseberry ! Vous vous souvenez ? Ligotée à sa chaise, dans sa vidéo, dans le noir. Et si désespérément, si… si magnifiquement morte. Amusant que vous ne l'ayez pas anticipé, me trompé-je ?

Le regard de Cezar dériva sur le tableau, mais il ne se concentrait plus dessus. Il pensait à autre chose. Aux grandes choses du monde, peut-être.

— Vous savez, en plus de quarante ans de carrière, j'en suis arrivé à croire que Rudyard Kipling a tort. Kipling dit que la seule émotion plus forte que celle de tuer, c'est celle de laisser la vie. Je crois à l'inverse.

Il fixa Rachel droit dans les yeux.

— Après tout, prendre la vie est une opportunité bien plus rare que de la laisser, ne croyez-vous pas ? Tuer est si… délectable. C'est une émotion grandiose. Et chaque fois que je croise votre regard, que je croise vos si beaux yeux humides, je ne peux m'empêcher de me demander ce que je ressentirai quand je vous tuerai. Au futur, pas au conditionnel. Pour l'instant, quand je vous vois, je sais que je ne ressentirai rien. Juste, au mieux, l'émotion que l'on ressent quand on tue un SIms. De l'amusement passager. Avec vous, je capitalise sur votre avenir. Je sais que, éduquée correctement, vous me représenterez un défi considérable, et, ooooh, la récompense n'en sera que meilleure.

Une petite sonnerie étouffée retentit. Cezar saisit son téléphone portable et l'examina d'un air incrédule. C'était son alarme horaire qui s'était déclenchée.

— Oh ? Déjà ? Veuillez m'excuser.

Il tapa un message rapide, l'expédia, et rangea le téléphone dans la poche intérieure de son manteau.

— Alors, Rachel Newman ? Qu'en dites-vous ? Êtes-vous partante pour devenir mon némésis, le Sherlock Holmes de mon Moriarty, le Juve de mon Fantômas, le Thésée de mon minotaure, le Docteur de mon Maître, le Moby Dick de mon Achab, l'Edgar Bones de mon Marcus Johnes ?
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MessageSujet: Re: Tuer le patient [PV Rachel]   Tuer le patient [PV Rachel] EmptyLun 14 Jan - 22:56



Tuer le patient



Rachel Newman - Cezar Schneider

date ?


« Oh pardon. » Évidemment, il a fallu que j’ouvre la bouche. Sans grande surprise, mon futur bourreau a entendu ma voix et l’a reconnu. Jules, où es-tu ? Cezar m’a vu et boîte en avançant vers moi tandis que je recule difficilement. Difficilement, parce que mes muscles sont tous douloureux à force d’être tendus. La peur me glace le sang, me fait figer. Nous sommes dans un lieu public. Aura-t-il l’audace de me tuer ici ? Cezar, après tout, me donne l’impression d’avoir besoin d’un public pour assister aux horreurs qu’il commet. Comme avec la décapitation de Miss Roseberry, ou encore en laissant cette lettre pour moi, en un nombre incalculable d’exemplaires, entre les mains de ce sans-abri. Le musée, avec tous ses visiteurs, me semble être un lieu parfait pour exposer son œuvre, un meurtre parfaitement performé… N’est-ce pas ?

Je n’ai aucune envie d’être une œuvre d’art. Je veux seulement être tranquille. Je veux qu’on me laisse tranquille, faire ma vie, la vivre au mieux de mes capacités. Depuis ma tendre enfance je ne vis que de misères. On ne m’a jamais fait de cadeau, mis à part Dylan, et encore… Sa naissance a beau être la plus belle chose qui me soit arrivée, elle a tout de même réveillé un monstre en Brandon Meyers, son père. Avant lui, c’était ma mère qui n’était pas vivable. Puis il a eu le Crescent Hotel… Pourquoi la vie s’acharne-t-elle sur mon cas ? Qu’ais-je pu faire pour que le karma me revienne ainsi comme un cruel et violent boomerang ?

Sa main autour de ma taille provoque des tremblements dans mon corps, ainsi que la chair de poule. Il me force à avancer avec lui. Par réflexe, j’ai posé ma main sur la sienne, j’ai essayé de la retirer de là, mais il est plus fort. Mes forces m’ont quitté. Il est fier, il se délecte du fait que je sois là, et seule. Il me le souffle à l’oreille et de nouveaux frissons me parviennent. Je suis dégoûtée, mais la seule chose que mon corps et mon visage expriment sont de la peur. Jules, aide-moi.

Mon cou est barré. Je n’arrive pas à tourner la tête vers lui. Il me parle d’Andrew et je n’aime pas ça. Je n’aime pas qu’un homme comme lui puisse prononcer le nom de mon petit ami de cette façon. J’aurais voulu lui dire de ne pas mêler Andrew à cette histoire, mais les mots restent coincés dans ma gorge. Je tremble. J’ai peur. Je suis incapable de dire un seul mot. Visiblement, je suis inconfortable entre ses griffes. Son rire me glace le sang encore plus, comme si c’était possible. Je sens sa petite tape dans mon dos. J’aurais dû prévenir Andrew. J’aurais dû l’appeler et écouter ce qu’il m’aurait dit de faire, soit ne pas venir et le laisser gérer la situation. Non… Je ne pouvais pas… Je ne pouvais pas prendre de chance. Le Faucheur a déjà menacé Dylan une fois. Je ne pouvais pas prendre le risque qu’une telle chose se reproduise.

Peut-être que je devrais renvoyer Dylan chez son père. Brandon n’était pas un homme parfait, mais il n’avait jamais été un mauvais père au moins. Il a toujours aimé son fils de tout son cœur et il y serait sans doute en sécurité. Oui, sans doute. Je ferai cela si jamais je rentre chez moi saine et sauve. C’est tout moi ça, de penser à la sécurité de mon fils pendant que c’est la mienne qui est remise en question. J’ai toujours fait cela. J’ai toujours pensé aux autres, à lui, avant moi.

J’ai froid, mais il fait un peu plus chaud quand Cezar retire sa main d’autour de moi pour tapoter ma joue et mettre les mains dans ses poches. Je ferme les yeux. Je voudrais fuir, mais tenter quoi que ce soit n’est sans doute pas la meilleure des idées. Il a sans doute une arme dissimulée sur lui. Il n’est pas un idiot. C’est quelqu’un visiblement de cultivé. Il me le démontre en me faisant l’analyse du tableau devant nous. Un tableau sombre, effrayant. Évidemment que c’est le genre d’œuvre d’art qui l’attire. Il n’aurait certainement pas pu me parler de La naissance de Vénus, de Botticelli. Non, ça lui prend de l’horreur, pour qu’il puisse la redistribuer aux autres par après.

Je garde le silence. Il me parle d’Eileen, prenant mon épaule dans sa main. Il m’accuse de l’avoir mise dans son aquarium, ou presque. Il n’a toujours rien comprit. Il n’a toujours pas compris que le temps qu’ils ont mit à reculer pour aller retrouver Eileen a été du temps perdu pour rien, parce qu’elle était déjà disparue avant même qu’ils décident d’y retourner, April et lui. Et puis qui cherche-t-il à convaincre qu’il est un bon samaritain, parce que moi je n’y crois pas du tout. Il me déteste parce que je fais ce que le Faucheur me demande durant ses petits jeux ? Contrairement à lui, j’ai tout à perdre si je n’obéis pas.

Il compare le tableau ensuite à Miss Roseberry. Honnêtement, qu’elle soit morte ou vivante aujourd’hui ne change rien à ma vie. C’est regrettable, certes, mais j’ai fait ce qu’on attendait de moi. J’ai joué le jeu pour en sortir. Je suis égoïste, je le sais déjà. Sa leçon n’a rien d’instructif.

Il me parle ensuite d’un nom que je ne connaissais pas avant. Rudyard Kipling ? Il me fixe dans les yeux, mais je ne le regarde pas. Je n’ai pas envie d’affronter son regard. J’essaie encore de rassembler du courage que je ne me connais pas. Il m’avoue, presque, littéralement avoir tué. Il se donne le droit de vie ou de mort sur les gens, et littéralement sur moi. Sa menace de mort vient de sortir. Il me tuera, il l’a dit. Et soudain… Enfin, j’ignore si c’est vraiment cela, mais j’ai l’impression d’éprouver une certaine envie qu’il exécute sa menace. Cette vie est bien trop horrible pour moi. Les seules choses qui me raccrochent encore à la vie sont Dylan et Andrew. Je sais qu’il aura du plaisir à m’enlever la vie, mais cette satisfaction ne lui est pas encore donnée à l’heure qu’il est. J’ai au moins encore le temps de le détester et d’espérer pour ma misérable vie. Je suis pathétique, n’est-ce pas ?

Son téléphone sonne. C’est le son d’une alarme, et non d’un message. Il a un plan. Il a prévu quelque chose déjà, et c’est sur le point de se produire. Je tourne la tête vers lui et le regarde taper un message avant de ranger son téléphone dans sa poche. Les yeux pleins d’eau, j’arrive à distinguer chacun de ses mouvements. Mes sens sont en alerte, pas que ça risque de m’aider de toute façon. Je ne suis pas entraînée pour me battre. Il me demande alors si je veux devenir son némésis, nommant plein de héros et le criminel qui leur est associé, quoi que les derniers personnages ne me disent rien du tout.

« Non. » Ma voix tremble. Mon regard démontre ma peur. Je ne le cache pas. Je ne l'ai pas caché à Halloween non plus. Il me terrifie. Je ne vois même pas pourquoi il a tant de plaisir à me faire subir cela. Je pourrais essayer de puiser dans les connaissances que j'ai acquises dans mes cours, mais mon cerveau m'a abandonné. Toute notion que je peux avoir pour m'aider à l'analyser a disparue. « Je refuse. » Je ne veux pas le revoir, je ne veux pas avoir à faire avec lui. Je ne veux pas être son némésis, son ennemie, et encore moins son amie. Je suis tout à fait rationnelle. Je sais que je n’ai aucune chance si je m’engage dans un combat contre lui. Mes larmes coulent sur mes joues. Mon teint est toujours aussi pâle. Ma cheville brisée me fait mal, bien que supportée par mon plâtre de marche. Le reste de mon corps également est douleur, à force de contracter mes muscles de la sorte, et mon corps tremble encore. « Vous n’aurez aucun plaisir à m’avoir pour némésis. Je ne suis rien. Je ne vaux rien. Alors me faire venir ici vous aura fait perdre votre temps. Vous perdez votre temps sur rien, sur une personne déjà plus basse que terre. Vous pouvez m’insulter, essayer de me faire sentir coupable. Vous pouvez vous moquer ou me torturer. Finalement, vous n’aurez rien accompli. Je ne vaux pas le prix d’une œuvre d’art. Mon assassinat ne sera pas non plus considéré comme tel. »

Je ne comprends pas ce qu'il cherche à accomplir. Je suis une victime facile et je ne représente aucun défi pour lui. Certes, mon conjoint est un agent du FBI, et mon père est du TBI. Mais ils ne sont pas en permanence avec moi. Je ne suis pas sous surveillance d'un quelconque agent pour me protéger. Quel mérite aurait-il à m'enlever la vie ? Je me considère déjà comme une moins que rien. C’était déjà le cas avant que je ne mette les pieds dans ce maudit hôtel en 2011. C’est Brandon qui a brisé la personne que j’étais. Lui, à mes yeux, sera toujours un bien plus grand artiste que Cezar. J’ai la soudaine envie de regarder autour pour voir si je n’y verrais pas Jules, mais si je le vois, je trahirais sa position. Mieux vaut que je tourne la tête. Je n’aime pas soutenir le regard du britannique. Il a déjà vu que j'étais faible. Je suis pathétique, là, à pleurer et à trembler, à lui répondre sur un ton suppliant, sans supplier.

Andrew, mon amour, viens me chercher. Sinon, je t'aime.




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Cezar Schneider

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MessageSujet: Re: Tuer le patient [PV Rachel]   Tuer le patient [PV Rachel] EmptySam 9 Fév - 15:18
Cezar Schneider
Rachel Newman
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— Non.

Ce simple mot détruisit complètement Cezar. Il eut soudain l'impression que le sol s'ouvrait sous ses pieds, que l'Enfer se déversait sur Terre, qu'on lui transperçait le cœur d'un tison chauffé à blanc, que l'Apocalypse ravageait le monde, que finalement The Clone Wars n'était pas reconduit pour une ultime saison.

— Vous n'aurez aucun plaisir à m'avoir pour némésis. Je ne suis rien. Je ne vaux rien. Alors me faire venir ici vous aura fait perdre votre temps. Vous perdez votre temps sur rien, sur une personne déjà plus basse que terre. Vous pouvez m'insulter, essayer de me faire sentir coupable. Vous pouvez vous moquer ou me torturer. Finalement, vous n'aurez rien accompli. Je ne vaux pas le prix d'une œuvre d'art. Mon assassinat ne sera pas non plus considéré comme tel.

Cezar restait interdit.

Il ne savait honnêtement pas quoi répondre.

C'était… c'était cela, un refus ? Se faire rejeter ? C'était une sensation abominable ! Atroce ! C'était comme si on lui arrachait les entrailles à la main ! Non ! Non non non, cette jeune et charmante Rachel Newman ne pouvait PAS refuser son offre !

Elle n'était qu'une moins-que-rien, il ferait d'elle une célébrité ! Une star ! Une héroïne ! UNE PUTAIN DE DÉESSE !

Et à cette proposition, cette offre désintéressée, elle osait dire non ? Non ? Non ?! Personne ne disait non à Cezar Schneider ! Enfin, presque personne. Et tout dépendait du contexte.

Cezar baissa les yeux, penaud.

C'était… c'était en fait déchirant. Cela le faisait sentir encore plus seul que d'ordinaire. Il avait envie de hurler, de tout faire flamber, de raser cette foutue ville, mais il ne le pouvait pas… parce que… parce que… parce qu'elle ne. Le. Voulait. PAS. Pourquoi ? Pourquoi ?!

Et pourquoi cette réponse lui faisait aussi mal ?!

— Je suis désolé, finit-il par dire. Je ne… je ne voulais pas vous embarrasser. Et je n'aime pas que vous parliez de vous de cette façon, Miss Newman. Ça me brise le cœur. Vous valez mieux que rien. Vous devriez le savoir, sinon pourquoi vous évertuez-vous encore à survivre aux machinations du Faucheur ?

C'était une véritable énigme. Rachel Newman parlait à l'instar d'une suicidaire, et pourtant elle continuait à vivre sa vie de tous les jours et à échapper aux pièges occasionnels de l'autre ben zona caché derrière ses écrans de caméra. Pourquoi insister ?

— Pourquoi insister ? Pourquoi persister ? Si votre existence est à ce point fatigante, à ce point déprimante, à ce point… inexistante… pourquoi persévérer ?

Il releva le regard et attrapa le menton de Miss Newman entre son pouce et son index.

— La flamme dans vos yeux est éteinte et pourtant vous êtes encore debout. Comment est-ce possible ? Comment pouvez-vous parler d'une expérience de vie aussi destructrice et quand même vous tenir droite comme un i ? C'est inconcevable pour quelqu'un comme… moi.

Cezar sourit et tapota la joue de Miss Newman.

— Ne paniquez pas, Miss Newman. Je ne vous tuerai pas. Pas encore. Et je vais vous confier un petit secret…

Il approcha ses lèvres de l'oreille de Rachel Newman.

— Je vous protégerai du Faucheur. J'ai déjà un plan en œuvre pour anticiper sa prochaine action qui sera, je l'imagine, aussi stupide que dénuée d'imagination et aussi ridicule que grandiose. Comment pouvez-vous décemment craindre un bouffon pareil ? Comment… comment pouvez-vous le craindre plus que moi ?

Il laissa échapper un rire gêné et se gratta la nuque. Il se sentait comme un adolescent en pleine drague maladroite.

— C'en est presque… outrageant, en fait. Mais comme je le disais, ne vous en faites pas. Vous savez ce qu'il y a de fabuleux, avec cette si belle ville de Little Rock ? C'est son taux de criminalité. Et comme le Faucheur est un idiot, il y a maintenant un tas d'agents du FBI par ici. Votre ami Andrew en témoignera, je suppose. Et vous savez, le crime organisé et le FBI, c'est un peu comme l'huile et l'eau : ça ne se mélange pas. Imaginez que Little Rock est en vérité juste une très grosse flaque d'essence.

Il s'approcha encore plus de Rachel Newman, jusqu'à presque coller son corps, et sourit.

— Imaginez maintenant qu'un briquet ouvert appelé Cezar tombe dans cette très grosse flaque d'essence.

Le sourire de Cezar s'étendit davantage, s'arrêtant à la fine limite entre l'humaine et le franchement monstrueux.

— Soyez sans crainte, Rachel Newman, mon amour, ma reine, ma déesse. Je vous protégerai et je vous façonnerai pour vous combattre plus tard. Oh, ce sera grandiose, ce sera magnifique, ce sera somptueux. Et ce sera épique, j'ai hâte d'y être !

Cezar tapa dans ses mains comme un enfant surexcité.
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